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Zohra l'Allemande, la moudjahida des Aurès qui a suivi son amour jusqu'au cœur de la révolution
  • Publiée le : 15-10-2017
  • Article publier dans Culture
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A Batna, dans la région de T'kout au cœur des Aurès habite une moudjahida pas comme les autres. "Zohra l'Allemande" comme l'appellent les habitants du cru, y vit depuis 1961. Son histoire est celle du combat durant la révolution, d'une longue carrière d'infirmière après l'indépendance mais aussi, et surtout, d'un amour.

 

Bien que d'origine belge, le flamand que parle Leontine Vandenabeele Georgette Gerarda lui vaudra, à son arrivée en Algérie, ce surnom de "l'Allemande" car son accent ressemblait à de l'allemand.

 

Elle obtient la nationalité de son époux en 1969 mais le cœur de "Zohra" a été algérien longtemps bien avant cette date. Née à Genk en 1942, "Zohra" rencontre en 1957 l'amour de sa vie, Ahmed Dahoua.

 

Ce dernier, rapporte le journal Echorouk, un Algérien travaillant en France, était militant au FLN chargé d’acheter et d'acheminer des armes, a rencontré sa femme lors d’un déplacement en Belgique en 1957. Elle l'aide dans sa mission avant qu’il ne soit arrêté et emprisonné à Draa Benkhedda en Algérie en décembre 1959.

 

Leontine prend un vol en direction de Biskra aussitôt qu’elle apprend la nouvelle. Arrivée dans la région natale de son mari, la commune de Aïn Naga, on lui apprend qu’Ahmed Dahoua s’est déjà évadé de prison et qu'il se trouve au quartier général de la Wilaya I, aux environs de Kimmel (T’kout).

 

"J’avais environ 19 ans à l’époque, et je n’avais pas d'autre choix que de rejoindre mon mari au maquis et continuer de servir la guerre de libération", a confié Zohra à Echorouk.

 

Après les retrouvailles avec son époux, "Zohra l’Allemande" travaille comme infirmière à la clinique des moudjahidine de la wilaya I, dans la forêt de Kimmel, où elle traite des combattants de l’ALN blessés lors des combats ainsi que des civils.

 

"Le commandement de l’ALN tenait compte de sa situation et de son statut particulier d'étrangère qui a rejoint la lutte de de son propre chef. On me disait: " nous sommes habitués à la misère, on mange ce qu’on trouve", mais Zohra doit avoir la priorité sur tout" se souvient Ahmed Dahoua.

 

Zohra continue son combat au maquis jusqu’au cessez-le-feu le 19 mars 1962. Elle a préféré, avec son époux, rester à T’kout après l’indépendance. Elle y entamé une longue carrière d’infirmière avant de prendre sa retraite en 1997.

 

Le parcours de Zohra lui vaut l’estime de toute la région. Les habitants de T’kout, de Chenaoura et des environs assez isolés, dont de nombreux patients, lui sont reconnaissant aussi bien pour son rôle durant la révolution que pour sa carrière d’infirmière. Ils la considèrent comme une mère, une grand-mère.



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