30 nouveaux avions pour la compagnie aérienne nationale Quand l’Etat-providence sauve Air Algérie de la faillite
  • Publiée le : 22-10-2018
  • Article publier dans Économie
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L’information est sortie le 31 décembre 2017. Le magazine américain Forbes – qui citait le président-directeur général d’Air Algérie, Bekhouche Alleche – avait indiqué que la compagnie nationale élaborait un plan pour renouveler sa flotte et acquérir 35 nouveaux avions.

En septembre dernier, c’est le chef de la division des affaires générales, Rédha Toubal Sghir, intervenant sur une chaîne de télévision privée, qui affirmait qu’Air Algérie envisage l’achat de 20 avions à l’horizon 2020. Avant-hier, le patron d’Air Algérie a reparlé du sujet au site web d’Ennahar, en révisant le nombre des avions à acquérir de 30 au lieu de 20.



Le gouvernement aurait approuvé cet achat qui s’étalera jusqu’à 2025, à en croire la même source. Les fournisseurs sont toujours les mêmes. Une part pour le français Airbus et une autre pour l’américain Boeing.


Aujourd’hui, la flotte d’Air Algérie compte 59 avions assurant 43 dessertes à l’international et 29 localement. Avec l’acquisition du nouvel aéroport, la compagnie nationale voudrait agrandir sa flotte, non pas en puisant dans ses fonds propres, mais en recourant au Trésor public.


Selon le chef de la division des affaires générales qui s’exprimait en septembre, la nouvelle infrastructure aéroportuaire, qui a une capacité d’accueil de 10 millions de voyageurs, va consolider le développement de la compagnie, dont la stratégie est l’amélioration de sa part de marché, qui est essentiellement sur le continent européen et les pays du Golfe.


Air Algérie va-t-elle enfin retrouver une gestion rationnelle et intelligente pour se mettre aux standards et concurrencer d’autres compagnies ?

Avec presque la même flotte, Royale Air Maroc dégage d’importants bénéfices. Seulement, la compagnie marocaine n’emploie pas environ 10 000 personnes. Air Algérie, qui fonctionne depuis sa création avec des sureffectifs, accuse des pertes de plusieurs millions d’euros. Les enfants de toute la nomenklatura au pouvoir y travaillent.


Ils sont souvent installés dans des postes confortables à l’étranger. En novembre 2017, son PDG s’est plaint, dans une note interne dont la presse avait eu quelques échos, de la situation intenable de la compagnie aérienne nationale.


«Notre compagnie, soulignait-il, est aujourd’hui confrontée à une situation des plus délicates, marquée par des résultats opérationnels négatifs, eux-mêmes générés par des coûts en constante augmentation, une concurrence directe et indirecte, qui pèse sur nos revenus, un sureffectif dans les fonctions non productives, des sujétions de service public onéreuses et un lourd endettement.»

Tous les responsables qui se sont succédé à la tête d’Air Algérie connaissent son mal. Mais personne n’a osé donner un coup de pied dans la fourmilière. Tant que l’Etat-providence vient à son secours.



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