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De « Bounoura » au podium de la diplomatie, Brahim AISSA, ou l'homme que l'Algérie a perdu.
  • Publiée le : 18-02-2015
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Dans cette Algérie colonisée, gangrenée par l'analphabétisme, mon défunt père était déjà journaliste au sein de L'AFP, d'aucuns diront la chance, je peux, le temps de conclure ma narration, le concéder.

 

La bataille d'Alger, la vraie, et non celle des livres faussés de la révolution rédigés par le pouvoir, il y était, c'était sans doute la coïncidence, le destin d'avoir été là par hasard, qu'à cela ne tienne.

 

Au primaire, au moyen comme au secondaire, il fut toujours premier d'une classe qui ne comprenait que trois indigènes parmi ses inscrits.

 

Au bout de brillantes études, dans la ville considérée comme le plus beau musée à ciel ouvert du monde, Prague, il intègre le MAE en Avril 1963.

 

Brahim AISSA,où l'homme que le M'zab a perdu.

 

Pionnier de cette diplomatie algérienne, il fut à la mort du despote que je me refuse de prononcer le patronyme en pareille célébration, ambassadeur, le premier Mozabite à occuper le poste, et pratiquement le seul issu de la maison mère.

 

C'est à la force des bras qu'il a su honorer les siens.

 

Plus tard, le premier à occuper ce poste de directeur général de la direction générale des pays arabes « DGPA » au MAE, tant convoité, avant de le laisser vacant, le temps d'une fracassante démission, faisant voler en éclat un papillon qui a vendu son âme aux saoudiens, il se reconnaîtra !

 

Il venait de faire là, ce qu'aucun haut responsable algérien nommé par décret présidentiel, n'a pu, n'a su ou n'a rêvé de faire, inutile de vous préciser que c'était bien une première dans les anales.

 

Son long périple diplomatique commence par sa contribution à faire signer un pays frontalier le Niger, un traité de reconnaissance mutuelle des frontières communes.

 

Une première décidément, qui a vu par la suite les autres pays emboîter le pas au pays de Seyni Countché , excepté la Libye de kadhafi.

 

La Pologne, une autre escale diplomatique, un pays slave, comme celui de ses premiers amours d'étudiant.

 

Le jeu des chaises musicales, et l'insécurité, lui ont laissé le temps d'apprécier, à Beyrouth, la finesse d'un président Libanais, qui sans honte déclara : « Je voudrais pas que le Liban se transforme en deuxième Algérie ! »

 

Au moment où notre pays vivait le chaos, le Liban lui, en sortait, grace à la diplomatie algérienne et à son symbole vivant Lakhdar BRAHIMI.

 

Comme un signe du destin, sa dernière mission d'ambassadeur l'emmena chez ses frères Ibadites d'Oman, malheureusement ternie par la décennie noire, l'enlèvement de son ambassadeur à Alger et le soutien, jamais pardonné par Mascate, du soutien de notre despote au mouvement séparatiste communiste du Dhofar.

 

Son dernier baroud d'honneur a été le Caire, alors président de la délégation Algérienne qui avait eu pour mission l'élaboration d'une nouvelle charte de la ligue arabe, il fut rappelé de sa retraite paisible au M'zab afin de compléter son œuvre.

 

Je n'ai eu qu'une seule véritable université, celle de mon père, sa connaissance inondait mon cerveau étriqué et son amour pour son pays me laissait pantois.

 

Je viens de vous tracer très brièvement, le parcours d'un des plus grands ambassadeurs que l'Algérie ait connu, Brahim AISSA, né à Bounoura « Ghardaïa » le 19 Juin 1935 et décédée dans la même ville le 19 Juillet 2012.

journaliste mozabite indépendant (*)




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