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La méthode Boudiaf.
  • Publiée le : 03-02-2016
  • Article publier dans Exprimez-vous
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Etant le seul arabisé parmi les conseillers, un de mes rôles a été de relire les discours en arabe que le Président Boudiaf a eu à prononcer. La plupart de ces discours ont été réalisés de la manière suivante : il nous réunissait, il parlait, il donnait ses idées qui étaient parfois commentées ou développées.

 

Puis, le chef de cabinet écrivait une première mouture qui était ensuite traduite en arabe et présentée au Président. Ce dernier les lisait, les annotait, y introduisait des modifications.


Il lui est arrivé de protester contre certaines formulations des traducteurs, en ces termes : «Ils ont une langue arabe qui est plus hermétique que celle des mandarins du XIIe siècle. Dites-leurs de s'exprimer avec la langue du peuple !». On lui avait répondu : «Ce sont des mots techniques pour exprimer des idées politiques et économiques précises».


Il avait rétorqué, en substance : «Je n'en veux pas, je veux des mots très simples ! Vous êtes des universitaires, à quoi servez-vous ? Choisissez des mots simples qui expriment les idées profondes mais que le peuple peut comprendre». Nous devions trouver de nouvelles formulations et il est arrivé au Président Boudiaf, encore insatisfait, de corriger lui-même des passages et d'y introduire des mots ou des expressions très simples auxquelles nous n'avions pas pensé.



Pendant les premières semaines, les conseillers voyaient le Président Boudiaf tous les matins. Trois d'entre nous avaient d'ailleurs été logés dans les appartements du Président. C'était sa décision. Je pense qu'il nous signifiait ainsi son refus de nous voir nous préoccuper d'abord de problèmes de logements et d'être tenté d'occuper puis de s'approprier un appartement de l’Etat.


Nous n’avons d'ailleurs jamais pris un appartement de l’Etat. Personnellement, je suis arrivé à la Présidence en janvier 92 avec une valise et je suis retourné à Paris, fin 94, avec la même valise. Et je n’ai aucun pied-à-terre dans mon pays.
Témoignage de Ahmed Djebbar, ex conseiller de Mohamed Boudiaf.



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