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Chakib Khelil, un " Américain " au ministère de l'énergie et des mines.
  • Publiée le : 18-03-2016
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Chakib Khelil, nommé ministre de l'énergie et des mines en janvier 2000, est né en août 1939 à Oujda au Maroc, ou ses parents d'origine algérienne étaient installés depuis toujours. Il a fait des études secondaires au lycée Lyautey à Casablanca, à la même époque que son ami d'enfance Abdelaziz Bouteflika ( de deux ans son aîné ), après qu"ils eurent fréquenté la même école primaire à Oujda. Le père de ce dernier marié à deux femmes d'ou une atmosphère pesante qui régnait au sein de la famille. Pour échapper à ce lourd environnement, le jeune Abdelaziz passait le plus clair de son temps chez son copain Chakib. Ayant ainsi grandi ensemble, les deux hommes resteront très proches l'un de l'autre pour leur plus grand bénéfice commun.


Promu à différente postes au sein de l'état-major de la wilayas V pendant la guerre de libération, Abdelaziz Bouteflika aida son ami à décrocher une bourse d'études aux Etats-Unis. Chakib Khelil y entama en 1959 des études à la Ohio State University puis à la Texas A et M University, ou il obtient un doctorat ( PhD ) en petroleum engineering en 1968. A la sortie de l'université, il fut embauché par McCord, une société-conseil de renom de Dallas ( Texas ), spécialisée en études de réservoir engineering. Approché par des dirigeants de la Sonatrach, il rejoignit les rangs de la compagnie nationale en 1973. Il mettrait alors pou la première fois les pieds dans le pays dont étaient originaires ses parents. A la Sonatrach, il occupa deux postes importants, qui relevaient de ma responsabilité de vice-président et auxquels je l'ai fait nommer, celui de chef du département gisements de la direction production et celui de PDG de la compagnie mixte algéro-américaine Alcone, créée en avril 1969 en partenariat entre la Sonatrach ( 51%) et Core Laboratories de Dallas ( 49% ). Il a quitté la Sonatrach en 1976 pour rejoindre la présidence de la République, ou il fut nommé conseiller après un nouveau coup de pouce de la part de son grand ami Abdelaziz Bouteflika.


En 1980, il abandonna définitivement l'Algérie après l'arrivée au pouvoir de Chadli Bendjedid, pour repartir aux Etats-Unis ou il fut embauché par la Banque mondiale à Washington. Après y avoir été chargé d'études, il fut promu a la fin des années 1990 chef du département énergétique pour l'Amérique latine. A ce poste, il joua en Argentine un rôle important mais dommageable pour le pays, en recommandant fortement au gouvernement de vendre la compagnie nationale des pétroles Yacimientos Petroliferos Fiscales ( YPF ), afin de répondre aux exigences du Fonds monétaire international. Noyé de dettes, le gouvernement argentin ses sépara alors de l'une des ses principales sources de revenus à un prix anormalement bas. Cette décision eut des conséquences financières et sociales désastreuses pour l'Argentine, tandis que les espagnols de Repsol profitèrent de l'aubaine pour faire une excellente affaire en rachetant YPF et créer une nouvelle entité, Repsol-YPF, qui deviendra la première entreprise espagnole- Chakib Khalil tentera une opération similaire en Algérie de 2002 à 2005.


Après avoir travaillé pendant près de vingt ans à la Banque mondiale, il revint donc pour la seconde fois en Algérie, pour y occupé le poste de ministre de l'Energie et des mines que lui offrit Abdelaziz Bouteflika, devenu président de la République. En octobre 1999, lors d'une visite à New York pour assister à la réunion annuelle de l'Assemblée générale des Nations unis, celui-ci proposa en effet à Chakib Khelil de devenir son conseiller, dans l'attente de la formation de son premier gouvernement . Lequel ne vit le jour qu'en janvier 2000, soit neuf mois après l'élection du président. Khelil accepta l'offre à une condition ; il exigea que l'Etat algérien prenne à sa charge la perte financière qu'engendrerait sa retraite anticipée de la Banque mondiale, une demande acceptée par le président algérien.Cela démontre à quel point celui-ci tenait à avoir son ami comme ministre, afin de mettre à profit les liens tissés par ce dernier durant ses longs séjours aux Etats-unis. Cela prouve également que, déjà à cette date, Abdelaziz Bouteflika tenait à nouer des relations étroites avec les Américains.


De fait, au cours des longues années passées aux Etats-Unis, Chakib Khelil a connu nombre de pétroliers américains, dont certains dès les bancs de l'université, qui ont exercé plus tard des fonctions importantes dans les compagnies pétrolières et au sein de l'administration. Parmi eux, deux autant une influence notable sur la politique énergétique de l'Algérie dans les années 2000. Le premier, Spencer Abraham, secrétaire d'Etat à l'Energie de janvier 2001 à février 2005 dans le gouvernement de George W. Bush, à fortement soutenu Chakib Khelil dans l'élaboration d'une nouvelle loi sur les hydrocarbures; le second, William Richardson, qui avait occupé le même poste sous la présidence de Bill Clinton ( d'août 1998 à Janvier 2001 )l'à assisté dans le choix des firmes américaines qui mirent au point cette loi. Fervent défenseur de la politique économique de la Banque mondiale, mais aussi très proche des milieux pétroliers texans, qui ont constitué le noyau de l'administration de George W. Bush entre 2001 et 2008, Chakib Khalil fut sérieusement envisagé par ces derniers comme candidat potentiel au poste de directeur général de la compagnie nationale irakienne des pétroles, au lendemain de l'invasion de l'Irak par les américains en 2003.


Que dire de l'homme lui-même ? mauvais manager et piètre politicien Chakib Khalil est en revanche un bon ingénieur pétrolier. Extrêmement autoritaire, n'acceptant aucune critique, il est plus craint que respecté dans le secteur de l'énergie. Il fera preuve d'une fâcheuse tendance à se dérober à ses responsabilités de ministre à chaque couac ou scandale, il y en aura plusieurs, enregistré dans son secteur, vital pour l'Algérie. Dans de tels cas, il recherche systématiquement le bouc émissaire qui en fera les frais; à défaut, il s'abrite par couardise, derrière Abdelaziz Bouteflika. A cela s'ajoute son manque de tact dans les relations humaines et son caractère rancunier. Il s'est donc fait beaucoup d'ennemis, aussi bien parmi les hommes qu'il dirige que dans l'establishment. Sa femme américaine d'origine palestinienne, et ses deux fils de nationalité américaine également, travaillant officiellement ou de manière plus discrète pour le compte d'entreprises intéressées par le marché algérien. Lui-même ^posséderait la nationalité américaine, bien qu'il s'en défende.


En raison de tous ces liens avec les Etats-Unis, Chakib Khelil est considéré par l'opinion publique algérienne, mais aussi par nombre de responsable du régime, comme un agent d'une " cinquième colonne " américaine, nichée au coeur du pouvoir.

Extrait du livre de Hocine Malti ( ingénieur des pétroles, a participé à la création de la Sonatrach, dont il a été vice-président de 1972 ) " Histoire secrète du pétrole Algérien. Editions la découverte 2010.



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