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En Algérie, nous sommes coupables d’être des femmes
  • Publiée le : 24-10-2014
  • Article publier dans Sociétés
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En Algérie, quand vous dénoncez le harcèlement de rue, vous n’êtes pas considérée comme une victime, mais comme une coupable. Coupable d’être une femme, coupable de vous maquiller, de vous habiller, de vous parfumer. Coupable de vouloir être belle, coupable de vouloir exercer votre féminité. En un mot, coupable d’exister.


Marcher seule dans les rues d’Alger me devient de plus en plus pénible. Mes difficultés commencent déjà le matin quand j’ouvre ma garde-robe pour choisir quelle tenue dois-je porter pour passer inaperçue, ne pas éveillez le désir des hommes pour ne pas être importunée, agacée, harcelée et embêtée sans cesse. Mais, cela ne marche jamais avec nos hommes, car que vous soyez mariée, ou célibataire, belle ou moche, grande ou petite, séduisante ou non, voilée ou dévoilée, impossible d’échapper dans la rue à ces hordes de mecs qui vous harcèlent, vous draguent, vous complimentent avec insistance.


Quand vous êtes une femme et que vous marchez seule dans les ruelles d’Alger, même si vous vous habillez comme un sac, vous n’êtes pas à l’abri des propos déplacés, des remarques désobligeantes, des compliments qui frôlent l’insulte. La dernière fois, j’ai échappé difficilement à un petit jeune homme maigrichon qui, ne trouvant certainement rien à faire de sa journée, me proposa de l’accompagner dans un salon de thé pour «papoter». Dans le taxi, je me croyais enfin à l’abri des harcèlements quand le chauffeur, un homme la cinquantaine passée, me dévisage dans son rétroviseur avant de me vanter, sans aucune gêne, ses compétences sexuelles, sa virilité et me proposer de faire un tour du côté de la forêt de Benaknoun ou de choisir un lieu à l’abri des regards pour « faire l’amour ».


J’avais envie de lui crier dessus, de l’insulter, d’appeler au scandale, mais j’étais seule avec lui dans sa voiture et j’avais peur que la situation ne dégénère et qu’il ne m’emmène de force dans un endroit isolé. J’ai ouvert la portière de la voiture et me suis enfuie comme une voleuse au moment où le taxi était coincé au milieu des embouteillages. Quelle horreur de devoir affronter chaque jour le regard assoiffé des dizaines d’hommes qui vous accostent cherchant à vous séduire ! Quelle horreur de devoir marcher yeux baissés juste pour ne pas affronter le harcèlement ! Quelle horreur de devoir précipiter le pas pour ne pas être rattrapée par ce mec qui vous exige, sur un ton violent, de lui donner votre numéro de téléphone ! Toutes les femmes en Algérie vivent le harcèlement dans la rue.

 

Il n’existe pas de profil type de la victime puisque nous sommes toutes ciblées par ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur. Pour ce qui est des agresseurs, des harceleurs, il ne s’agit pas uniquement des chômeurs, des jeunes ou des délinquants. Même les vieux et les enfants se mettent de la partie.Le pire en Algérie est que quand vous dénoncez le harcèlement de rue, vous n’êtes pas considérée comme une victime, mais comme une coupable. Coupable d’être une femme, coupable de vous maquiller, de vous habiller, de vous parfumer. Coupable de vouloir être belle, coupable de vouloir exercer votre féminité. En un mot, coupable d’exister et d’être une femme. 

source: focuselles



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