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81% des hommes âgés de 25 à 29 ans sont concernés: Les jeunes refusent de se marier
  • Publiée le : 10-02-2016
  • Article publier dans Sociétés
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Ce désert matrimonial s’explique par ce mouvement underground de la société algérienne qui subit une révolution dont l’un des dégâts collatéraux est justement le célibat.

 

Alarmante et inquiétante situation que celle que vient de révéler le dernier rapport du Cnes sur le développement humain en Algérie. Le document de l’institution de M.Babès et dont nous détenons une copie, révèle en effet, un état matrimonial angoissant: ils sont 81,2% jeunes de 25 à 29 ans à être célibataires et le phénomène perdure depuis ces quatre dernières années. Cette posture de nos jeunes à rester le plus longtemps célibataires classe l’Algérie parmi les quatre pays arabes où l’âge du mariage est le plus tardif.

Le rapport corse encore la situation quand il rapporte que durant la même période 44,7% des femmes sont également célibataires soit environ 9 millions de femmes en âge de procréer qui ne trouvent pas de mari. Dans les sociétés occidentales, le célibat est un choix assumé et vécu comme un statut. En revanche, dans les sociétés musulmanes, il est perçu comme une tare. «A signaler que 2% des jeunes femmes âgées de 25 à 29 ans connaissent déjà une expérience de divorce, contre 0,1% des hommes», note le même document.


Cette situation trouve son explication dans les mutations profondes que subit la société algérienne au-delà de la difficulté de trouver un logement pour les jeunes, du chômage touchant près de 25% des diplômés et de la tendance à aller chercher son bonheur sous d’autres cieux très prononcée chez les hommes.

 

42% des magistrats sont des femmes
Quoique discutable, un autre argument est avancé pour justifier le célibat. Il est en rapport direct avec les exigences et les frais du mariage de plus en plus faramineux, à tel point que pour fonder un foyer, le jeune doit d’abord se ruiner. Mais le désert matrimonial s’explique surtout par ce mouvement underground de la société algérienne. Une véritable révolution est en train de s’opérer et l’un de ses dégâts collatéraux est justement le célibat.


La femme algérienne d’aujourd’hui prend de plus en plus son destin en main. Par le fait d’une scolarisation massive depuis ces 20 dernières années, la société a subi de profondes mutations. De par la composition de la société algérienne, en majorité faite de femmes, cette scolarisation massive a ouvert des portes aux femmes.
Près de 60% de réussite au bac chaque année et donc autant de femmes à l’université. Elles ont acquis la majorité dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

 

Dame justice se met à la mode. Elle se féminise, elle aussi, puisque le taux de présence des femmes dans les corps de la justice dépasse 42% (2064 femmes magistrates).


De même qu’elle est présente au niveau de toutes les juridictions, y compris la Cour suprême et le Conseil d’Etat présidé par une femme. Elle est également présente dans l’administration centrale, les différentes juridictions, les écoles de formation et les greffes où le nombre de femmes avoisine les 66% et les différents métiers d’auxiliaires de justice représentés par 32% de femmes, tandis que la Fonction publique compte plus de 607.000 femmes soit 31,8% des travailleurs. Partant de ce constat, la femme algérienne participe à l’activité économique à hauteur de 17,6% (1900.000 femmes) de la totalité de la population active.


Mais «slowly», la femme algérienne n’est pas aussi libre qu’on le pense. Près de 60 ans après l’indépendance, Mesdames et Mesdemoiselles d’Algérie doutent toujours. Elles doutent de la sincérité des responsables politiques, de leur loyauté, de leurs visées et de leurs décisions. La femme algérienne doute de sa condition d’un extrême paradoxe.

 

L’auscultation du docteur Babès
L’Algérie est le seul pays au monde où la femme peut devenir président de la République tout en gardant son statut de mineure. Pour ceux qui doutent de la pertinence de ce paradoxe, le Code de la famille fera foi.


La population algérienne est caractérisée par sa jeunesse en ce sens que les personnes âgées de moins de 30 ans constituent, depuis ces deux dernières années, 58% de la population globale, soit près de 22 millions en chiffre absolu. La seule frange des 15-24 ans, représente moins du cinquième de la population totale (17,5%).

 

Le volume de la population féminine en âge de procréer (15-49 ans), qui imprime cette dynamique et qui constitue les capacités génésiques potentielles de la population, a atteint 10,6 millions de femmes.


Au lendemain des révoltes arabes, le Cnes a été mandaté pour diligenter une mission d’auscultation de la jeunesse. Aussi, le rapport a été plus loin que l’aspect matrimonial de la jeunesse algérienne, puisque c’est d’elle qu’il s’est agi durant les printemps arabes. Cette mission a permis de sortir avec un ensemble de recommandations particulièrement des jeunes, et interpellant les plus hautes autorités sur la manière de valoriser davantage leurs territoires dans le cadre d’une démarche globale et intégrée de développement. M.Babès et son équipe se sont sérieusement penchés sur cette frange de la population et ont émis plusieurs recommandations en vue d’anticiper sur d’éventuels remous.

 

On trouve dans le rapport sur cette problématique jeunesse/ pouvoirs publics et «les liens distendus entre les deux parties qui révèlent sinon une perte de vitesse des uns et en politiques dirigées vers elle ou, en tout cas, une prise en charge encore insuffisante de ses attentes, avec comme conséquence un capital confiance érodé». Le rapport relève «le manque de mécanismes de consultation et de coordination entre les différentes institutions s’occupant de la problématique de la jeunesse».

 

Il souligne «une gestion bureaucratique des dispositifs dédiés aux jeunes, fait naître des relations parallèles et des réseaux clientélistes», préjudiciables à leur crédibilité avec comme conséquence, la méfiance et le ressentiment des jeunes, laissés pour compte. De même que le document note le manque d’un encadrement de proximité extrêmement faible, en l’absence d’espaces de médiation «l’absence de relais dans l’évaluation des besoins, confinés dans des logiques sectorielles, atomisant l’impact et les effets induits, lorsqu’ils ne les dénaturent pas».



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