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Harcelées, insultées, sifflées : le martyre des femmes ans la rue, Sois belle, mais…pas trop
  • Publiée le : 20-11-2014
  • Article publier dans Sociétés
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Le harcèlement quotidien qu’elle et toutes les autres femmes subissent dans nos rues

 

Une femme s’est filmée en caméra cachée en train de marcher dans les rues d’Alger. 45 petites minutes de promenade, mais ô combien infernale, pour une centaine d’insultes…


Un jour comme les autres, dans les rues d’Alger. Une belle jeune femme, vêtue correctement d’un pull beige et d’un jean noir marche, seule, dans les quartiers de la capitale. Elle se fait âprement mater, siffler, et insulter…Jusqu’ici, rien d’anormal. C’est une journée comme les autres pour une femme en Algérie. Sauf que celle-ci s’est filmée en caméra cachée pour montrer avec son et image le harcèlement quotidien qu’elle et toutes les autres femmes subissent dans nos rues. 45 petites minutes de promenade, mais ô combien infernale, pour une centaine d’insultes…Cette jeune demoiselle va se faire vilipender par des dizaines d’hommes, lourds et très agressifs. Les injures qui sont couvertes par des bips, fusent de partout. Jeunes, vieux et même des adolescents lui lancent des énormités tout au long de son chemin pour essayer de la draguer. Les mots les plus dociles sont «Yawe chaârek»

 

(remarque méchante sur les cheveux bouclés de la jeune fille). En fait, cette jeune Algérienne a voulu reproduire en Algérie l’expérience d’une jeune femme algérienne qui a été filmée pendant 10 heures en train de marcher dans une rue de Manhattan, à New York. La version algérienne qui n’aura duré que 45 minutes est beaucoup, mais vraiment beaucoup plus «hard». Les insultes sont plus nombreuses dans un laps de temps plus court. On remarque également que même ceux qui ne la harcèlent pas, la matent comme de la chair fraîche prête à être consommée.

 

Les frontières avec le harcèlement sexuel sont donc bel et bien franchies! Cette vidéo nous met dans la peau d’une Algérienne qui se fait «assaillir» pour le seul tort d’être une femme. Elle démontre que le harcèlement peut se trouver à chaque coin de rue. Cela sans parler du «calage» dans les transports publics et la main un peu trop baladeuse.

 

Le code vestimentaire comme alibi

Cette caméra cachée, prouve ainsi encore une fois à quel point une femme qui se promène simplement dans sa ville peut essuyer des approches directes et déplacées… et ce, au quotidien. C’est ce que nous raconte Amel, jeune commerciale dans une entreprise privée, appelée à se déplacer constamment. «Ils font mmmhh’ quand tu passes. Ils babillent. Ils te disent bonjour d’un air entendu… Et il faudrait que je réponde?», rapporte-t-elle d’un air révolté et ô combien las. Rima grande fan des jeans «Slim», enfile toujours une veste un tantinet trop longue, pour aller à pied à l’université, histoire de ne pas se faire «embêter» tous les cinquante mètres. Et il ne s’agit pas toujours de drague… Ilhem, employée dans une multinationale, utilise également la même méthode de «camouflage» pour cacher son débardeur.

 

«Depuis qu’un homme m’ a reproché, en pleine rue, d’avoir les bras découverts, j’ai appris à les cacher sous une veste… alors que dans les années 1970, ma mère portait des minijupes sans que cela n’émeuve personne», raconte-t-elle, traumatisée, en affirmant que les «harceleurs» justifiaient leur acte par la tenue vestimentaire des femmes. «Il pense que s’habiller un peu court ou les bras dénudés, est un appel à avoir faire des avances», dénonce-t-elle. Aujourd’hui, c’est la nudité (toute relative) qui dérange: le jean moulant est l’uniforme de l’Algérienne, rares sont les robes courtes dans nos rues. Il ne faut surtout pas voir un bout de peau qui dépasse! L’islamo-conservatisme est passé par là. Mais malgré cela, les Algériennes n’hésitent plus à être «Fashion». Voilées ou pas, elles veulent plus que jamais être «tendance». Quitte à jongler avec des codes sociaux de plus en plus conservateurs. Vêtue d’un ensemble léopard (tunique et voile), une jeune femme avance fièrement sur les trottoirs de la rue Didouche-Mourad, à Alger. Sur son passage, quelques regards masculins s’attardent un instant, sans qu’elle n’y prête attention. «Il y a quelques années, l’imprimé léopard était très mal vu, une femme «bien «ne pouvait pas en porter», assure Sabrina, une «fashion» victime. Citadine. Signe d’une certaine évolution des moeurs, le léopard a perdu toute valeur de provocation.

 

Coquette malgré tout

 Même Amina, une quarantenaire mère de famille, arbore un foulard décoré du même motif. Les paradoxes n’embarrassent pas du tout Amina. «Je porte le voile depuis quelques années. Et je me sens mieux aujourd’hui que quand je portais des minijupes à 20 ans», raconte-t-elle, assurant «qu’une femme doit se faire belle, d’abord pour elle-même et ensuite pour son mari». Les marques à tout prix, voici donc le credo des Algériennes «fashion», voilées ou pas. Elle s’habillent comme elle veulent, et tant pis pour les remarques.

 

Elle font mine de les ignorer. «Depuis le temps, on a fini par s’habituer», rétorque Sana, une jolie jeune fille la trentaine à peine entamée. Depuis quelques années, l’engouement pour les griffes s’est (relativement) démocratisé. «Même une femme de ménage va mettre de l’argent de côté pour s’offrir les chaussures ou la robe dont elle rêve, quitte à les payer en cinq fois», assure-t-elle. Cette coquetterie est moins légère qu’elle n’en a l’air. «C’est parce qu’aujourd’hui les femmes travaillent qu’elles peuvent s’offrir ces vêtements. Cette question est en fait très politique», souligne Ratiba, employée dans une banque étrangère. «L’engagement du président Bouteflika pour l’émancipation des femmes a joué un rôle moteur dans cette évolution. Mais c’est aussi dû à l’ouverture vers l’étranger avec l’Internet, les télévisions et les voyages», soutient-elle.

 

Les textiles venant de Turquie et de Chine, ont aussi permis aux Algériennes de rester «in» sans se ruiner. Tout comme les franchises qui se sont installées ces dernières années dans le pays. «J’achète presque tout chez Zara, Promod, et Mango», confie Hind, 24 ans, commerciale dans une entreprise de matériel informatique. Entre le coiffeur, l’épilation, le maquillage et la garde-robe, elle débourse un minimum de 10.000 DA par mois pour se faire belle. Quant aux remarques des hommes sur son passage, elle les trouve souvent agaçantes, plus rarement flatteuses. La rue reste un terrain miné: «Je m’habille très librement parce que je me déplace en voiture», avoue-t-elle. Les femmes voilées ont aussi trouvé le moyen d’allier conservatisme et mode.

 

De nombreuses Algériennes affichent volontiers leur retour à un certain conservatisme, sans pour autant abandonner une coquetterie toute féminine. Elles portent des jeans «Slim», de belles robes longues, des couleurs très flashy et tendance, des marques… avec un foulard. «La civilisation actuelle est celle de l’apparence. On doit montrer qu’on est élégante, qu’on porte des vêtements de marque. Et les filles voilées participent aussi à cette tendance», explique Loubna qui n’échappe pas elle aussi aux harcèlements, malgré son «hidjeb»…Nonobstant donc cet enfer quotidien qui est la rue, les femmes algériennes n’hésitent plus à s’habiller comme elles veulent en plongeant dans leur «bulle» où elles ne voient rien et n’entendent rien…

source: lexpressiondz



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