Omar Megari, du fauteuil roulant au kart : Le circuit du courage
  • publiée le : 02-06-2015
  • Article publier dans Karting
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Le karting. Voilà  une discipline dont on ne parle pas. Ou peu. Que dire alors du handikart, le même sport destiné aux personnes handicapées ? Inutile d'affirmer que l'Algérie n'a jamais connu un pilote reconnu et souffrant de mobilité réduite. Sauf peut-être un, qui s'apprête à  représenter les couleurs nationales à  l'occasion du Trophée international Handikart.

 

« J'espère être au rendez-vous et être un digne ambassadeur de mon pays et de tout le continent africain », souhaite Omar Megari, qui a animé hier un point de presse au circuit Megakart de Cheraga, à  quelques jours de la compétition, prévue les 20 et 21 septembre en France.


Passionné de sports mécaniques, Megari, 34 ans, aurait pu pourtant ne pas être ici si son destin n'avait pas basculé en 2001 de faà§on tragique.
« C'était dans une course de motocross, à  Khemisti (Tipasa), je n'ai pas pu empêcher la catastrophe. Une violente chute de moto fait que depuis, je suis sur un fauteuil roulant », a-t-il raconté avec dignité, sans laisser transparaître un quelconque signe de tristesse ou d'émotion. 

                                                                            
Devenu paraplégique à  l'âge de 21 ans, Megari n'a pas pour autant abandonné sa vocation première, en l'occurrence les sports mécaniques. « J'aime beaucoup cette discipline. Elle me procure de fortes sensations. Après tout, la vie continue et le handicap ne doit pas faire arrêter la vie, bien au contraire », dira-t-il. Passé ainsi les premières années qui ont suivi le drame de Khemisti, le jeune pilote se rend à  l'évidence que le sport automobile lui manquait terriblement et décide du coup de revenir dans le circuit. En 2011, il intègre le NRDI, club de Dely-Ibrahim de son ami et néanmoins triple champion d'Algérie de karting, Amine Laibi, et retrouve peu à  peu ses marques à  bord d'un kart réaménagé et adapté aux personnes handicapées (accélérateur et frein au volant).


« C'est un pilote hors normes. Malgré sa mobilité réduite, il a réussi à  plusieurs reprises à  nous damer le pion. Si on me demande de qualifier en un mot Omar, je dirai qu'il est un modèle de courage et d'abnégation, car ce qu'il est en train de faire doit nous servir pour la vie », témoigne son ami, présent à  la conférence de presse, au même titre que le président de la Fédération algérienne des sports mécaniques (FASM). Ce dernier s'est longuement plaint du manque d'infrastructures adéquates pour développer les sports mécaniques. « Aujourd'hui, nous risquons malheureusement de voir disparaître certaines disciplines du sport automobile si des solutions ne sont pas trouvées. Par solutions, nous pensons essentiellement à  des circuits fermés et homologués, car il n'est désormais plus possible d'organiser des courses dans les quartiers sans la fermeture des rues et des voies publiques. Les temps ont changé et, à  présent, le parc automobile a explosé », a déploré Chihab Bahloul, qui souligne que le karting est aussi une école pour former les jeunes conducteurs.


Le come-back de Megari est d'ailleurs bien tombé puisqu'il a  coïncidé avec l'ouverture du Megakart Racing de Cheraga, un circuit dédié à  ce type de sport automobile, le second étant situé à  Bordj El Kiffan. « Cet espace a été créé par pure passion et il est destiné aux passionnés des sports mécaniques. Nous recevons beaucoup de monde et des challenges sont programmés à  chaque vacance scolaire. L'engouement est extraordinaire. En moyenne, on compte 4.200 pilotes par mois, tous âges confondus, qui viennent profiter de ces moments qui sont avant d'être ceux de compétition des moments de détente et de loisir.


Aussi, la pratique du karting relève également de l'éducation civique et contribue à  inculquer la culture de la prévention routière, étant donné le nombre ahurissant des accidents de la circulation qui sont enregistrés dans notre pays », a affirmé le responsable de la communication du Megakart de Cheraga, Fahd Boukachabia, qui précise que ce circuit est le premier en Afrique et dans le monde arabe à  proposer le handikart.


Avant cette compétition du Trophée international Handikart, Omar Megari a participé à  une course en mai dernier, mais elle était, a-t-il précisé, de moindre importance par rapport à  celle qui s'annonce en France. « C'était plutôt une course d'endurance pratiquée en équipe, regroupant des pilotes valides et d'autres qui étaient des personnes handicapées comme moi. J'étais avec cinq coéquipiers qui m'aidaient mais pour ce Trophée Handikart, c'est une autre paire de manches et je serai seul. Mais cela ne veut pas dire que je vais participer pour le plaisir de participer. Je suis ambitieux et je vise tout simplement la 1ère place, même si une place au podium ne serait que du bonheur pour moi », a-t-il affirmé.  

                                                                                        
Mettant à  profit cette opportunité, le jeune pilote lance un appel aux personnes handicapées amoureuses des sensations fortes à  rejoindre le Megakart de Cheraga et appelle surtout les conducteurs algériens à  faire preuve de vigilance et de prudence dans les routes pour ne pas se retrouver, au mieux, dans sa situation. « Si vous voulez faire de la vitesse, il y a le circuit du karting. Evitez les risques inutiles dans les routes afin de ne pas s'exposer au danger », s'est-il adressé en direction des automobilistes avant de prendre rendez-vous avec ses fans pour les 20 et 21 septembre prochains. 



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