400 000 vaccinés par jour pour atteindre une «immunité collective de 50%» à l’automne / Vaccination : La course contre la montre

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Il faut mettre les bouchées doubles pour la vaccination. C’est ce qu’a laissé entendre, hier, le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), le professeur Kamel Senhadji.

PAR INES DALI
«Il faut augmenter le rythme de la campagne vaccinale pour arriver à 400.000 personnes vaccinées par jour d’ici le début de l’automne», a-t-il recommandé, hier, sur les ondes de la Radio nationale. Une telle accélération de la vaccination est dictée par la situation épidémique actuelle, où le variant Delta s’est largement propagé et fait en sorte que cette troisième vague de Covid-19 est la plus virulente depuis le début de la pandémie dans le pays.


Pour le Pr Senhadji, il est «indispensable d’accélérer le rythme de la vaccination» pour dépasser cette phase de la crise sanitaire. «Il faut atteindre un nombre de 400.000 personnes vaccinées par jour, car cela nous permettra d’atteindre une immunité collective de 50% à l’arrivée de l’automne», a-t-il expliqué, revenant sur la vitesse rapide de propagation du variant Delta. Au début de la pandémie, une personne atteinte par la souche initiale de Covid-19 contaminait deux personnes, mais le variant Delta, lui, peut contaminer 8 personnes, a-t-il encore dit pour expliquer la nécessaire accélération de la campagne vaccinale.


A noter que ce variant représente actuellement plus des trois quarts des contaminations quotidiennes et continue de se propager n’épargnant aucune tranche d’âge.

Outre les catégories de la population vulnérable à la souche-mère, d’autres sont touchées par le Delta, y compris les personnes en bon état de santé et les sportifs, sans oublier les enfants et même les nourrissons. D’où la principale recommandation de l’ensemble des professionnels de la santé à la population d’aller se faire vacciner en masse. Outre son appel à accélérer le rythme de la vaccination, le président de la Société algérienne d’infectiologie, Mohamed Yousfi, recommande non seulement d’administrer les anti-Covid-19 aux adultes de plus de 18 ans, mais également aux enfants à partir de 12 ans, étant donné qu’ils sont devenus une cible supplémentaire pour le méchant Delta. Le Dr Yousfi recommande même de vacciner 90% de la population pour atteindre l’immunité collective.


Ainsi, l’ensemble des professionnels de la santé soulignent que la vaccination demeure «la seule solution» et «la seule arme de lutte» pour vaincre la pandémie de Covid-19. Cette vaccination voulue de masse est actuellement assurée par les personnels du secteur public. D’où les appels lancés par des spécialistes pour impliquer également le secteur privé dans l’opération vaccinale ainsi que les pharmacies d’officine, et ce, pour brasser le plus grand nombre possible de personnes immunisées dans un délai court.


Pour permettre une vaccination massive, des vaccinodromes ont ouvert à travers toutes les wilayas du pays progressivement à partir de la première semaine de juin, que ce soit les salles de sport réquisitionnées ou encore les chapiteaux installés dans les places publiques. Des équipes mobiles sont également sur le terrain pour administrer l’anticoronavirus aux populations vivant dans les zones reculées. Instructions également ont été données pour les directeurs locaux de la santé à travers l’ensemble des wilayas du pays à intensifier les opérations de vaccination, que ce soit au niveau des écoles, des quartiers ou de tout autre espace public pouvant convenir à l’opération vaccinale.

Le lourd tribut des blouses blanches
Après la lenteur qui a caractérisé la vaccination, c’est donc à partir de juin que celle-ci a pu prendre un peu de vitesse. La «peur» provoquée par le variant Delta – à l’origine de la situation dramatique que vit le pays avec un pic de contaminations ayant atteint près de 2000 cas en juillet et des services Covid saturés en plus du problème d’oxygène – a provoqué une sorte de déclic chez les citoyens qui se sont dirigés en masse pour se faire vacciner.


La disponibilité en quantité suffisante des vaccins actuellement, l’Algérie ayant importé 5 millions de doses en juillet, permet de garder un rythme acceptable de la campagne vaccinale qui se poursuit à travers le territoire national. Pour le mois en cours, l’Algérie prévoit d’acquérir 9,2 millions de doses de vaccin, selon le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, qui a fait également savoir récemment qu’il est prévu d’importer

5 autres millions de doses en septembre
prochain, en sus du lancement de la production locale avec une quantité de 2,5 millions de doses à partir de septembre au niveau de l’unité de Constantine. L’Algérie a acquis un total «plus de 9 millions de doses» depuis le 29 janvier dernier, date de l’arrivée de la première cargaison d’anti-Covid-19, jusqu’à fin juillet, a affirmé le Premier ministre.


Dans un bilan annoncé la fin du mois dernier, il a indiqué que près de 3,5 millions de personnes ont été vaccinées en Algérie depuis l’entame de l’opération de vaccination. «Un total de 3.421.279 personnes vaccinées, dont, 2.696.467 personnes ont reçu la première dose de vaccin, tandis que 724.812 personnes ont reçu la deuxième dose. L’Algérie prévoit de vacciner 20 millions de personnes à fin 2021 pour atteindre une immunité collective de 70%. Toujours à propos des chiffres, le Dr Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé public (SNPSP), a indiqué que le personnel de la santé continue d’enregistrer des pertes parmi ses effectifs.

Le lourd tribut qu’a payé cette corporation, aux premiers rangs dans la lutte contre la pandémie de coronavirus depuis son apparition dans le pays, n’en finit pas. Il a fait état du décès de 460 personnes parmi le personnel soignant, toutes catégories confondues, dont 46 durant les quatre dernières semaines. En matière de chiffres également, la Direction de la santé et de la population (DSP) de Béjaïa a indiqué qu’un grand nombre de décès dus au Covid-19 a été enregistré en dix jours dans cette wilaya. Selon les statiques qu’elle a publiées, il s’agit de pas moins de 181 personnes qui sont décédées durant la période allant du 22 juillet au 2 août à travers les différents hôpitaux de la wilaya, soit le nombre le plus élevé en un tel délai depuis le début de la pandémie.

Reporters

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