Aïd-el-Adha: Combien coûtera le mouton ?

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Par Lynda Louifi / jeune-independant

A moins de deux mois de la célébration de la fête de l’Aïd-el-Adha, des signes avant-coureurs prédisent une hausse considérable du prix du mouton, notamment dans ce contexte de flambée générale des prix des produits alimentaires. Combien coûtera donc le mouton de l’Aïd ? Faut-il s’attendre à des prix exorbitants cette année encore ?

Habitués au sacrifice du mouton de l’Aïd-el-Adha, nombre de ménages seront obligés, cette année, de rompre avec cette tradition ancestrale. Il est, en effet, fort possible que le prix de l’animal soit hors de portée des bourses faibles et moyennes.
Pour ces familles, cette fois-ci, l’acquisition du mouton relèvera presque de l’impossible.

Une situation que confirme le vice-président de la Fédération nationale des éleveurs, Belkacem Mazroua. Selon lui, les prix des moutons de l’Aïd-el-Adha prochain vont flamber et atteindre 70 000, voire 100 000 DA, suite au manque d’approvisionnement qui va diminuer de deux à trois millions de moutons, après avoir atteint six millions au cours des dernières années, et ce en raison de l’augmentation doublée du fourrage. «Le prix du soja est à 12 000 DA et celui de l’orge à 6 000 DA. Même les médicaments vétérinaires ont enregistré une hausse des prix de 100 %».

Une situation qui a poussé les représentants des éleveurs à appeler le ministre de l’Agriculture à s’orienter vers l’importation de têtes de mouton, et ce dans le but de maintenir la stabilité du marché et de protéger le pouvoir d’achat des citoyens. Belkacem Mazroua prévoit, cette année, un effondrement majeur du pouvoir d’achat du citoyen pour acheter le bélier de l’Aïd-el-Adha. Ainsi, selon lui, «le nombre de personnes qui pourront acheter le mouton de l’Aïd atteindra deux ou trois millions au maximum».

Quant au secrétaire général de l’Union générale des agriculteurs, Abdellatif Dilmi, il reste optimiste. Il a, par contre, tenu à rassurer les ménages et a promis des prix «à la portée de tous», allant de 30 000 à 100 000 DA la tête du mouton. Dans une déclaration à une chaîne de télévision privée, M. Dilmi a assuré qu’il y a une production suffisante de bêtes de sacrifice, précisant que l’Algérie compte un nombre de 27 millions de têtes de brebis productrices. «L’offre existe et les moutons sont disponibles», a-t-il affirmé.

Il convient de rappeler que le ministère du Commerce a instruit ses services en vue d’organiser des marchés de la Rahma dédiés à la vente de bétail, en prévision de l’Aïd-el-Adha, et ce à des prix «concurrentiels». Une décision qui a fortement été saluée par l’Association des commerçants et artisans (ANCA). Pour son président El-Hadj Tahar Boulenouar, les points de vente devront être identifiés suffisamment à temps. «L’idéal c’est entre deux et trois semaines avant l’Aïd-el-Adha», a proposé le président de l’ANCA.

Selon les estimations de l’association de Boulenouar, les Algériens sacrifient, à chaque fête de l’Aïd-el-Adha, plus de 3 millions de têtes de mouton. Il se demande, toutefois, si les éleveurs vont pouvoir assurer ces quantités. Pour ce qui est des prix, il considère que le prix moyen d’un mouton doit se situer entre 40 000 et 50 000 DA, voire 60 000 DA. Il a néanmoins évoqué que les éleveurs ont été durement affectés par la sécheresse de l’année dernière.

Choisi parmi les meilleures bêtes, le bélier est destiné aux combats, qui drainent, malheureusement, de plus en plus d’adeptes. Les moutons de combat ou béliers peuvent coûter jusqu’à 60 millions de centimes. Une passion qui prend de plus en plus d’ampleur à la veille de chaque fête de l’Aïd-el-Adha, notamment dans les quartiers populaires. Mais quels sont les critères pour les choisir ? «Il faut d’abord que le mouton soit fort et costaud.

Les passionnés de cette activité peuvent payer des prix excessifs, à condition que le mouton soit robuste. Cette année, j’en ai trois et je ne suis pas prêt à les céder à moins de 400 000 DA», raconte un des éleveurs. Une fois la bête acquise, on lui taille les sabots et on lui tend la toison pour qu’elle ait meilleure allure. Pour qu’elle acquiert plus de robustesse, on va jusqu’à lui injecter certains traitements.

C’est, en fait, un pur investissement puisque les paris autour de la bête peuvent atteindre des centaines de milliers de dinars. De nombreux Algériens s’indignent devant cette pratique et se disent choqués de la manière avec laquelle ces moutons sont traités. «On leur inflige des souffrances. Ce n’est pas normal qu’on les laisse torturer ces moutons sans rien faire», déplorent-ils. «Notre religion ne permet pas ce genre de pratique», s’indignent certains citoyens, qui voient en cette activité un «crime contre les moutons» et la décrivent même comme une pratique sauvage qu’il faut interdire.

Par Lynda Louifi / jeune-independant

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