Algériens spoliés de leurs terres agricoles au Maroc : Une double injustice qui dure jusqu’à ce jour

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Au Maroc, il n’est franchement pas recommandé d’évoquer au Maroc la très sensible question du foncier agricole. Le journaliste d’investigation Omar Radi, condamné à six interminables années de prison en sait quelque chose.

Déjà victime du logiciel espion fourni par l’entité sioniste aux hommes de main d’Abdellatif Hammouchi, il a eu le malheur de s’intéresser de trop près aux terres agricoles accaparées par les gens du Makhzen. Ce sujet qui fâche, représente jusqu’à ce jour une pierre d’achoppement et un incommensurable contentieux entre Alger et Rabat. Le foncier agricole, dont semblent raffoler les sbires du Makhzen donne l’air en effet de leur avoir été une occasion en or de s’en mettre plein les poches au détriment d’honnêtes Algériens qui, pourtant avaient rendu auparavant d’incommensurables services au royaume chérifien. Pour saisir le propos et se familiariser avec ce sujet particulièrement sensible, et pour lequel Rabat devra un jour rendre des comtes, quelques accablants rappels historiques s’imposent. Les Algériens qui se sont installés au Maroc pour fuir  le joug colonial français, avaient commencé à le faire au IXXe siècle.

Ce faisant, ils se sont parfaitement intégrés à la société marocaine. Au nombre de plusieurs dizaines de milliers, ils ont rendu d’incommensurables services économiques et sociaux aux diverses régions où ils étaient établis. Cette « idylle, cependant, ne sera que de courte durée. La spoliation dont seront victimes ces citoyens Algériens s’est déroulée en deux temps, et a été doublement injuste et arbitraire en comparaison avec les possessions foncières détenues par d’autres étrangers établis au Maroc. En dépit des accords d’Ifrane conclus entre Alger et Rabat, et signés en 1969 par le président Houari Boumediene et le roi Hassan II, ces Algériens ont en effet été victimes d’une double injustice.

La « marocanisation » des terres décrétée par « dhahir », ou décret royal » de 1973, ne s’est pas faite de manière uniforme pour tous les propriétaires terriens. Si la plupart d’entre eux ont accaparé ces biens fonciers par la force dans le cadre de l’invasion coloniale français, les biens des Algériens, eux, ont tous été légalement acquis et payés rubis sur l’ongle dans le cadre de contrats d’achats-ventes de particuliers à particuliers. Aucune indemnisation n’en a résulté pour autant. Cela, en dépit de cet accord mentionné plus loin, qui accorde à peu de choses près les mêmes droits aux sujets marocains et aux citoyens algériens. Suprême humiliation et acte de jalousie vengeresse à l’endroit d’investisseurs ayant rendu d’insignes services au royaume chérifien. Une décision du ministre marocain de l’Intérieur datant de juillet 1974 enjoint aux gouverneurs de province de laisser aux propriétaires algériens de terres agricoles «le droit de jouissance, et non le droit de propriété, d’une superficie égale ou inférieure à dix hectares.

Quand on sait que nombre de ces familles algériennes possédaient, chacune, plusieurs milliers d’hectares, on mesure la nature absolument inique de la décision des autorités marocaines. Cet acharnement contre les Algériens s’est poursuivi jusqu’en 1994, quand les autorités marocaines, prenant le faux prétexte de l’attentat terroriste de Marrakech, ont expulsé tous les Algériens du Maroc. Mais, on n’en est pas encore là. Une estimation faite par de nombreux experts, objectifs indiquent que près de 40 % des terres agricoles et forestières marocaines sont à l’origine des propriétés algériennes. La spoliation des terres agricoles appartenant aux Algériens établis au Maroc a toujours été motivée par des considérations politiques, pour ne pas dire carrément politiciennes. Les tensions intervenues entre les deux pays en 1974 – suite à l’occupation du Sahara occidental par le Maroc – ont précipité les opérations de spoliation des terres des algériens. Les propriétaires algériens ont été expulsés et leurs biens expropriés. Ce n’est pas tout. En effet, le Maroc avait commis un précédent gravissime occulté par l’histoire officielle comme dicté par le palais royal.

L’origine de cette agression-spoliation a été le dahir (décret) du 2 mars 1973 qui a permis la confiscation de terres de nombreuses et honorables familles algériennes vivant au Maroc qui ont vu leurs propriétés agricoles confisquées et versées à une société d’État de gestion de biens agricoles, la Sogeta. Selon des chiffres recoupés et dignes de foi, pas moins de 273 Algériens ont été victimes de cette « marocanisation » de leurs terres. Ils possédaient plus de 15 965 hectares en surfaces exploitables et fertiles qui leur ont été carrément pris. Quand on sait que la Sogeta gère actuellement 40 000 hectares sur l’ensemble du Maroc, il s’agit bien de près de 40% du patrimoine foncier agricole public marocain qui a été volé à nos compatriotes. Il s’agit là d’actes qualifiés de vols et de brigandages d’Etat. Ce dramatique contentieux fera l’objet d’un traitement idoine le jour où il faudra impérativement solder ses comptes avec ce royaume belliqueux, expansionniste et peu soucieux de respecter ses propres engagements…

Mohamed Abdoun / lapatrienews

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