Barrage vert : Un projet national stratégique

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«Au-delà des nombreuses contraintes sur le terrain, l’Algérie déploie actuellement de grands efforts en matière d’élimination des causes de la désertification, en atténuant la détérioration des ressources naturelles dans les zones arides, semi-arides et semi-humides», a estimé, hier, l’ingénieur agronome, spécialiste en protection de l’environnement, de la nature
et de la biodiversité, M. Khaled Aissani.

Selon l’expert, le projet de réhabilitation et d’extension du barrage vert est «le projet national stratégique par excellence». Un projet dont les portées socio-économiques sont «inestimables». «Il ne faut pas oublier le caractère agro-écologique de ce projet, dont le lancement au début des années 1970 a connu un engouement populaire sans précédent, dommage que l’élan se soit estompé au fil des années, faute de moyens et de politiques ciblées en la matière. Il y avait d’autres priorités», a-t-il regretté. Néanmoins, selon lui, l’ossature du barrage est bien là, car «si l’on se réfère aux chiffres donnés par le ministère de l’Agriculture, ce projet s’étend sur une superficie de 3,7 millions d’hectares, traverse le territoire national d’Est en Ouest, sur une longueur de 1.500 km et une largeur de 20 km, ce qui est important, mais pas encore suffisant au vu de l’immensité de notre territoire».


Aussi, pour l’expert agronome, le fait de relancer le projet permet d’avancer sur le terrain, de faire reculer le désert et de gagner des surfaces agricoles. «Il n’y a qu’à voir le bilan annuel de la campagne de reboisement pour se rendre compte que l’opération de reboisement va bon train. En effet, il est fait état de 11 millions d’arbres plantés en l’espace d’une année».
Dans cette optique, M. Aissani a signalé que ces résultats ont été obtenus, grâce au fait que le programme du barrage vert a été relancé conformément à un plan «scientifique et moderne», puisqu’il comprend la plantation de toutes les espèces végétales de valeur ayant une rentabilité économique, à l’instar de l’arganier, du caroubier, du pistachier, du figuier de barbarie, en sus de différentes herbes médicinales et aromatiques, «ce qui n’était pas le cas auparavant», a-t-il dit, précisant que la nouvelle politique de relance «va être plus efficace et plus efficiente pour la viabilité du barrage vert».


Une viabilité d’autant plus confirmée par la mise à contribution du centre des recherches forestières de Tindouf qui a été sollicité pour développer ce genre de cultures spécifiques au régions arides et semi-arides. Les pouvoirs publics, via le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, se sont également associés à des laboratoires et unités de transformation pour l’extraction des huiles. Une démarche qui permettra aussi d’associer la femme rurale et de mettre en valeur son savoir-faire en la matière.

Une extension à 4,7 millions d’hectares

Couvrant près de 28 wilayas, le barrage vert sera élargi, à moyen terme, avec 1 million d’arbres, pour atteindre les 4 millions d’hectares, selon les données de la Direction générale des forêts, qui précisent que cette mesure est à même de permettre la réalisation de son objectif principal, à savoir la lutte contre la désertification. La DGF a également annoncé que les citoyens seront associés à la protection des pâturages et des régions forestières, le reboisement des zones dégradées, outre la plantation des arbres fruitiers.


S’agissant des perspectives et du plan d’action pour ce projet, «il est prévu, en premier lieu, l’extension de sa superficie à 4,7 millions d’hectares, avec la réhabilitation des superficies forestières existantes sur une étendue de 159.000 hectares, ainsi que les superficies pastorales sur une étendue de 1,89 million d’hectares. Il est également projeté un reboisement sur une superficie de 288.000 hectares».
À cet effet, les pouvoirs publics ont annoncé qu’une commission interministérielle sera prochainement installée pour le suivi des travaux de relance de ce projet d’intérêt national.


Il est utile de rappeler que l’Algérie, après avoir ratifié la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification par un décret présidentiel en date du 22 janvier 1996, a créé son organe de coordination pour la lutte contre la désertification et la relance du barrage vert, composé de représentants de 15 ministères, de 12 organisations et de la société civile. Cet organe est chargé de la mise en œuvre des orientations des différentes conventions de Rio, selon les services du ministère, qui soulignent que celui-ci «a un rôle de catalyseur dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation du programme national de lutte contre la désertification et de la relance du barrage vert».
Soulignons à la fin que la concrétisation du programme de développement local, à la faveur de la réhabilitation de ce projet, va pouvoir bénéficier à plus de 7 millions d’habitants de la région du barrage vert.

Amel Zemouri / Elmoudjahid

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