Belgique: Une ministre des affaires étrangères d’origine algérienne

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Son père a quitté l’Algérie en 1947. Il a rejoint les “gueules noires” en Belgique, précisément à Boussu, à une quinzaine de km de la frontière française. C’est dans cette ville minière de Wallonie qu’est née en juin 1970, Hadja Lahbib que le royaume de Belgique vient de nommer au prestigieux poste de ministre des Affaires étrangères.

La journaliste au visage émacié, aux cheveux fous et au caractère tenace succède à Sophie Wilmès, sur proposition du Mouvement réformateur (MR).Elle a prêté serment devant le roi Philippe en fin de matinée, un acte synonyme d’entrée officielle en fonctions.

Elle sera ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes, du Commerce extérieur et des Institutions Culturelles. Vaste périmètre pour cette femme qui a mené une carrière professionnelle essentiellement dans la presse où elle s’est faite connaître sur des sujets épineux comme l’Afghanistan dont elle reconnue comme une experte.

Elle a été grand reporter avant de devenir présentatrice du journal de la RTBF et une grande figure du paysage audiovisuel. Cette novice en politique va s’appuyer sur l’ambition qu’on lui reconnaît pour mener sa mission. Hadja Lahbib est une femme de caractère qui n’a pas hésité à bousculer les habitudes de sa famille, restée attachée à la culture du pays d’origine, pour tracer son sillon.

Après Boussu où le père est tombé malade comme beaucoup de mineurs de fond, la famille a déménagé à Bruxelles où la jeune a décidé de s’affranchir de la tutelle parentale.

A 18 ans, emporté par un élan amoureux avec un jeune Belge, elle a quitté le cocon familial pour mener sa vie mais il n’y a jamais eu de rupture.

“Je me suis faite toute seule mais aussi et certainement grâce aux espaces de liberté que m’ont laissés mes parents, ce qui a donné, faut-il le dire, cinq enfants très différents et complémentaires à la fois”, a-t-elle raconté.

Férue de grec et de latin, elle a étudié à l’Université libre de Bruxelles (ULB) d’où elle est sortie licenciée en journalisme et communication au début des années 1990.

Début 2021, Mme Lahbib avait aussi été chargée par le gouvernement bruxellois de préparer la candidature de Bruxelles comme capitale européenne de la culture en 2030, conjointement avec le dramaturge néerlandophone Jan Goossens.

L’annonce de sa nomination, au lendemain de la démission de Mme Wilmès, a été faite lors d’une conférence de presse par Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur (MR), le parti libéral francophone auquel était affiliée l’ancienne ministre des Affaires étrangères.

Sophie Wilmès a annoncé jeudi soir, sa démission de son poste afin de pouvoir s’occuper de son mari, atteint de cancer et de le soutenir au mieux dans sa convalescence.

Comme c’est la règle en Belgique, dans les gouvernements de coalition (associant sept formations actuellement), le successeur d’un ministre sur le départ est choisi par le parti dont ce dernier est issu.

” Hadja Lahbib était mon premier choix et mon unique choix. C’est venu assez simplement, par les qualités qu’on lui connaît “, a expliqué Georges-Louis Bouchez . ” On pouvait faire des choix plus conservateurs, plus faciles mais, si l’on veut rapprocher les gens de la politique, il faut aussi pouvoir montrer que la politique n’est pas un milieu fermé, où ce sont toujours les mêmes “.

Selon le président du MR, ” Hadja Lahbib elle incarne parfaitement un parcours méritocratique: d’une petite maison de Boussu vers la présentation du JT, par la force du travail et de l’engagement, de Boussu à la rue des Petits Carmes (siège du SPF Affaires étrangères), il y a un très long chemin, et ce chemin est exemplaire “, a-t-il ajouté.

Si Hadja Lahbib est novice en politique, la nouvelle ministre connaît bien les dossiers internationaux par son métier de journaliste, selon le président libéral. « Elle n’a peut-être pas d’expérience politique mais elle a une meilleure connaissance que certains de ses prédécesseurs quand ils sont arrivés à ce poste ».

La journaliste a réalisé plusieurs documentaires pour la RTBF et Arte dont “Afghanistan, le choix des femmes” (également décliné en livre), “le cou et la tête” tourné au Kenya, “la liberté ma mère” ou encore “patiente, patience, t’iras au paradis”.

Sur un ton plus léger, elle a consacré un documentaire au chanteur-compositeur Salvatore Adamo dont le père est aussi arrivé en Belgique en 1947, également comme mineur.

Hadja Lahbib  qui vit aujourd’hui à Bruxelles dans la commune de Schaerbeek a étudié à l’Université libre de Bruxelles (ULB) d’où elle est sortie licenciée en journalisme et communication au début des années 1990.

“Dès aujourd’hui j’aurai l’honneur d’être le visage de la Belgique à l’étranger”, a réagi Hadja Lahbib devant la presse.

“Il y a des coups de fil qui vous font entrer dans une autre dimension, j’étais un peu sous le choc”, a-t-elle dit, citée par l’agence de presse Belga.

Mme. Lahbib n’a pas encore voulu se prononcer sur les dossiers en cours mais a tout de même fait référence à la guerre en Ukraine. Elle devrait d’ailleurs réserver son premier déplacement, si les circonstances le permettent, à Kiev où la Belgique vient de rouvrir son ambassade.

Hadja Lahbib fait partie des cortèges de Belges d’origine algérienne ayant accédé à des postes de responsabilités et de députés mais elle est la première à se hisser à un poste de cette importance au sein du gouvernement.

Par N. Aloui / jeune-independant

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