Comme pour la spéculation, les citoyens attendent une action contre l’informel À quand un second front?

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lexpressiondz / Mohamed AMROUNI

La répression ne semble pas suffire à elle seule. Une réflexion autour des mesures à prendre pour certains «métiers», s’impose.

Faut-il faire des propositions recevables pour l’intégration d’hommes et de femmes travaillant depuis des années dans l’ombre de l’informel, tout en réprimant ceux qui ne le veulent pas? Comment l’État doit traiter la problématique de l’informel qui touche plus de 40% de l’économie nationale? Des questions qui s’imposent d’elles-mêmes face à l’étendue de ce phénomène dont l’ampleur est illustrée par des sacs d’argent se comptant en milliards saisis lors des opérations de contrôle et ou par les quantités de produits record découverts qui circulent hors des circuits formels.


Des découvertes qui ne sont que la partie visible de l’iceberg. Sur le terrain, nous avons en effet un exemple pratique qui peut être une option qu’on pourrait appliquer à la lutte contre le marché informel. On a dernièrement vu que l’État a frappé d’une main de fer contre le phénomène de la spéculation. La répression a donné des résultats probants. En effet, la lutte contre les agissements des commerçants véreux a contribué à ramener les prix de certains produits de large consommation à leur niveau tel que fixé par les pouvoirs publics.
D’importantes quantités destinées à la spéculation ont été «libérée».


La lutte contre certaines «niches» de l’informel s’imposent. Les solutions devraient être trouvées. C’est l’indisponibilité de l’offre de certains produits et services qui est l’argument le plus utilisé pour justifier l’augmentation du phénomène de l’informel, selon les dires de certains, notamment sur le marché de la devise. D’autres tentent de justifier leur existence sur le marché de manière illicite et en faisant fi des lois en vigueur, par le blocage dû aux anciennes pratiques de bureaucratie, ou tout simplement en se disant être légitime à emprunter le raccourci informel pour réussir rapidement sur le plan économique et social.


Cette façon de penser est ancrée chez certaines personnes à qui le passage à l’informel ne suscite pas de condamnation morale. Mais, il est clair que la répression ne semble pas suffire à elle seule. Des bouées de sauvetage doivent être lancées dans les secteurs «gangrenés» par l’informel. Des réflexions autour des mesures et facilitations à accorder à certains jobs s’imposent pour faire sortir les familles qui vivent dans la précarité. L’exemple édifiant qui conforte cette assertion est la décision de délivrer une carte d’artisan pour les petits artisans ayant un métier et un savoir-faire mais qui ne possèdent pas de diplôme. Nombreux sont les artisans qui se sont versés dans le circuit formel, après des années de travail passés dans l’ombre de l’informel. On les voit au quotidien, sans s’en rendre compte. Nombreux sont les métiers et petits commerces qui ont depuis l’avènement de la pandémie poussé comme des champignons, à l’instar des boutiques spécialisées dans la confection et la vente du pain traditionnel.


L’épidémie y était pour beaucoup. Le drame économique vécu par ces derniers et leurs familles durant la pandémie les a bousculés pour ouvrir les yeux sur les mesures sus-citées. Il y a urgence de mettre en place de nouvelles mesures incitatives pour intégrer les travailleurs au noir au marché formel. Car, l’informel fragilise l’économie de notre pays qui aspire à entrer aux Brics. Et il met à mal de système de sécurité sociale déjà mis à rude épreuve par le vieillissement de la population.

lexpressiondz / Mohamed AMROUNI

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