Coup de théâtre au tribunal de Sidi M’hamed Saïd Bouteflika refuse de répondre au juge

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Devant cette attitude inédite de l’accusé, le président de la séance qui semblait désarçonné, a levé la séance.

Après deux rapports consécutifs, le procès de Saïd Bouteflika et plus de 70 autres accusés, dont la majorité des oligarques et les membres de leur familles, s’est ouvert hier, au pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed. Le frère cadet et conseiller de l’ancien président déchu Saïd Bouteflika a carrément refusé de répondre aux questions du tribunal. Devant l’insistance du président de l’audience, qui a voulu avoir une réponse claire et nette, Saïd Bouteflika répond: «Je ne réponds pas car la justice me juge, aujourd’hui, sans avoir mené une instruction au préalable. Cela d’une part, de l’autre j’ignore de quoi je suis accusé car je suis passé directement de la prison au tribunal.» Devant cette attitude inédite de l’accusé, le président de la séance qui semblait désarçonné, a levé la séance. Les auditions se poursuivront aujourd’hui.

Le juge a beau tenter de convaincre le mis en cause que «le procès constitue une instruction finale et qu’il répondra sur des faits contenus dans le dossier», l’accusé maintient fermement sa position en soutenant que «le procès est illégal». Il a même appelé le président de la séance en particulier et la justice en général «à veiller à ce que ce genre de procès ne se reproduise plus». «Je n’accepte pas d’être auditionné dans le cadre de ce dossier car mes droits en tant qu’ex-conseiller de l’ancien président de la République et en tant que citoyen n’ont pas été respectés». Avant d’évoquer la nouvelle affaire pour laquelle il est poursuivi, il a rappelé son poste récent: «Conseiller de fakhamatouhou Abdelaziz Bouteflika». Concernant le nouveau dossier, il a rappelé qu’il a été convoqué le 18 décembre dernier par le juge d’instruction qui lui avait demandé d’ouvrir les pièces et objets scellés suite à la perquisition de ses deux appartements le 8 février 2022.

Lesquels, dit-il, «sont tout ce que j’ai». Le juge d’instruction m’avait demandé d’assister à l’ouverture des objets scellés «sans présenter un procès-verbal d’inventaire». Il a qualifié la perquisition de nulle et caduque car «l’inventaire des objets et documents saisis n’a pas été dressé». Cette perquisition «est faite avant que la qualification de l’infraction dont la preuve est recherchée ainsi que l’adresse des lieux où les visites, perquisitions et saisies sont faites, ne lui soit notifiée». Par conséquent il s’est plaint du «non respect des dispositions de l’article 44 du code des procédures pénales». Il a cité le non- respect des dispositions de l’article 79 du Code des procédures pénales, lequel précise que «le juge d’instruction peut se transporter sur les lieux pour y effectuer toutes constatations utiles… Il dresse procès-verbal de ses opérations».


«Suite à mon refus d’ouvrir les objets et documents scellés, j’ai été transféré le lendemain très tôt vers 5 h du matin vers la prison d’El Abiodh Sidi Cheikh, sains poursuivre l’instruction», a-t-il relaté. En parallèle, il a été poursuivi pour financement de terrorisme dans une autre affaire en liaison avec Amel TV de Aboud Hicham. À ce propos, il a rappelé là aussi qu’il avait refusé de répondre aux questions du juge d’instruction, soulignant que ce chef d’inculpation n’a pas été retenu par le tribunal. De même concernant l’accusation liée à la corruption, il a défié le procureur de présenter la moindre preuve tangible quant à son implication dans la corruption.

Il est poursuivi pour entre autres accusations liées au «blanchiment d’argent à travers le transfert de l’argent des produits provenant de la corruption», «recel des fonds illicites», «abus de fonction»…etc. Dans ce contexte, il a fait savoir que les réponses à toutes les commissions rogatoires délivrées à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ont été négatives. Les deux appartements, dont l’un est obtenu en 1985 dans le cadre de la promotion immobilière et l’autre lors de la dernière décennie.

Des biens, dit-il, «largement à la portée de mes revenus en tant qu’enseignant à l’Usthb pendant 12 ans et en sa qualité de conseiller à la présidence de la République pendant 20 ans, sachant que sa femme a exercé en tant que médecin spécialiste». S’agissant de ses comptes, il a soutenu que «la provenance de chaque dinar de ses avoirs est justifié (halal)». Lors de la bataille sur les vices de forme, les avocats de la défense ont relevé des dépassements des procédures. Il s’agit, notamment de la jonction de 11 affaires distinctes. Cette dernière a été ordonnée par le juge d’instruction alors que cette prérogative est du ressort de la chambre d’accusation. 

lexpressiondz / Mohamed BOUFATAH

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