Des centaines de millions de dollars transférés à l’étranger, chaque année Que tombe l’empire de la devise!

0
167

500.000 euros, au moins, ont été confisqués par les agents de la police des frontières au niveau de plusieurs aéroports du pays entre le 1er janvier et le 31 mars.

La fuite des capitaux, un fléau qui saigne l’économie nationale en plus des indescriptibles dégâts que lui ont occasionné la dilapidation des deniers publics et la corruption. Des phénomènes qui ont gangrené les institutions et le sommet de l’État. Des sommes astronomiques ont été détournées, des fortunes colossales se sont constituées jusqu’à assécher les caisses du Trésor public. Des affaires de corruption, de dilapidation des deniers publics en cascade, ont montré que les caisses du pays ont été mises à sac.

Deux ex-Premiers ministres, des ministres, des responsables de partis, de hauts fonctionnaires, des officiers supérieurs de l’armée, des chefs d’entreprise se sont retrouvés sous les verrous. Un scénario que continue d’écrire une autre catégorie de personnes moins exposées médiatiquement certes, mais avec comme dénominateur commun l’immense préjudice qu’il font subir aux caisses de l’État en tentant de transférer illégalement d’énormes sommes d’argent en devises. Plus d’un million d’euros qui devaient atterrir à l’étranger ont été saisis durant les sept premiers mois de 2022. Alors que pas moins de 500 000 euros ont été confisqués par les agents de la police des frontières au niveau de plusieurs aéroports du pays entre le 1er janvier et le 31 mars. Les services de la Dgsn ont en effet annoncé la saisie de 506 000. euros, 33 000 dollars américains et 7 300 dollars canadiens ainsi que 6800 livres sterling durant le premier trimestre de l’année en cours. Au mois de juillet, ils ont déjoué une autre tentative de transfert illicite de devises à partir de l’aéroport international d’Oran Ahmed Ben Bella mettant la main sur près d’un demi- million d’euros, 400 000 très exactement. Cette importante somme qui avait été cachée dans une valise qui était dans le bus de transport des passagers devait prendre la direction de la Turquie.


Ce gros coup avait été précédé par la saisie, le 19 avril, de 79 000 euros sur deux passagères embarquées sur un vol qui devait relier la France. L’enquête avait révélé que cette somme d’argent qui devait être transférée illégalement en France provenait d’un héritage de l’une des deux passagères qui avait associé sa voisine dans cette tentative de fuite de capitaux. Au mois de mai ce sont 56 000 euros qui devaient prendre la tangente, n’était- ce le flair des fins limiers de la police des frontières. Les services de la police des frontières de l’aéroport international Houari Boumediene (Alger) avaient procédé également à la saisie de 123 000 euros et de 4 550 dollars, en sus de 440 g d’or, selon un communiqué de la direction générale de la Sûreté nationale (Dgsn) du 22 avril 2022. Plus de 60 000 euros ont été saisis sur quatre voyageurs à l’aéroport international d’Alger Houari Boumediene avait annoncé, le 6 juin, la même source. La dernière information concernant ce type de trafic remonte à hier. Les services de la police des frontières de l’aéroport Houari Boumediene ont procédé, le week-end dernier, à l’arrestation d’un individu qui tentait de transférer illicitement vers Istanbul (Turquie), un montant de 72 500 euros, qui était soigneusement dissimulé dans ses bagages.


Ces sommes énormes apparaissent comme presque «négligeables» devant l’étendue du préjudice causé au pays mais il est incontestable qu’elles ne font qu’amplifier la saignée qui lui est infligée. Quelque 160 milliards de dollars auraient été détournés vers l’étranger ces dix dernières années, selon Abdelrahmi Bessaha, expert international en macroéconomie et expert auprès du Fonds monétaire international.
L’Algérie a perdu, en moyenne, entre 2000 et 2019, environ 160 milliards de dollars, dont environ 40% au titre de la sous-facturation des exportations, 50% au titre de la surfacturation des importations et 10% au titre des envois de fonds, estime, grâce à un certain nombre de techniques de calcul, l’expert. La part des fuites de capitaux sous «l’habit» du transfert illicite des devises est sans doute loin d’être négligeable.

lexpressiondz / Mohamed TOUATI

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here