Divorce en Algérie : La vie d’après

0
666

Pour les uns, le divorce fait peur.  Pour les autres, notamment les femmes, il est synonyme de libération. Pour reprendre une expression courante chez les religieux, le divorce demeure un acte  licite, mais blâmable. Chaque cas est à lui seul singulier et renvoie à une histoire particulière. Dans ce dossier, nous avons  voulu connaître les raisons qui conduisent à la rupture des liens du mariage en interrogeant ceux qui ont affronté cette épreuve et souffert de ses conséquences sur l’équilibre individuel et social. Un sociologue  explique ce que révèle et cache le phénomène. Dans ce dossier, nos reporters évoquent également le prix que paient surtout les femmes chez qui le divorce est moins craint dans une société où beaucoup de normes sont remises en cause.

Les Algériens se font de moins en moins  la promesse de vivre cette belle aventure qu’est l’union  par le mariage. Les cas de divorce sont surprenants, mais  prennent surtout des proportions alarmantes. Au vu des chiffres enregistrés ces dernières années, la situation s’avère inquiétante. Ceux qui sont avancés par les autorités donnent froid dans le dos. En 2021, plus de  100 000 divorces ont été recensés, dont 44 000 rien que durant les 6 premiers mois. Le divorce en Algérie est devenu un fléau,  particulièrement après l’amendement du code la famille en 2016. Les dispositions de la loi,  voire les  mœurs ont changé avec l’introduction notamment de  la procédure El Khol’, considéré naguère  comme un acte honteux. Par les temps qui courent-ils, elle   est  devenue  banale. El Khol’ est devenu l’arme des femmes, particulièrement celles  disposant d’un revenu stable,   pour mettre fin à une  relation et  se «libérer» de l’emprise d’un mari qui  se révèle  négligeant  ou violent.  Désormais, les femmes n’hésitent plus prendre à l’initiative de demander  le divorce.
Selon des statistiques du ministère  de la Justice, l’incompatibilité des caractères est à l’origine de plus de 10% des demandes de divorce. Suivent  les problèmes d’argent,  de  travail  (perte d’emploi, dettes…), à l’origine de plus de 10% des demandes  et  les conflits avec les beaux-parents. Toutefois,  la principale cause de divorce demeure l’infidélité. Près de 30% des demandes sont motivées par l’existence d’une relation extraconjugale. En somme  infidélité,  violence conjugale, absence d’affection, désaccords sur les grandes décisions familiales,  abandon de famille et irresponsabilité poussent au divorce.
La désunion entraîne des conséquences. Lorsque les parents sont divorcés, le titulaire du droit de garde exerce également la tutelle. Ainsi, la mère qui bénéficie de la garde des enfants n’a  pas  besoin de l’autorisation  du  père pour quitter le territoire  national  en compagnie de ses enfants. Elle doit juste présenter la copie du jugement lui accordant la garde. Le père, quant à lui, doit verser  la pension alimentaire de façon régulière et  exercer son  droit de visite.
Pour certains spécialistes,  le divorce engendre des troubles surtout chez les enfants qui sont les premières victimes des dissensions familiales. Ceux qui ont vécu la  séparation de leurs parents  rencontrent des difficultés durant leur scolarité.  Les  adolescents surtout   souffrent  beaucoup du regard des autres. Pour d’autres spécialistes, il ne s’agit  nullement  d’une règle bien établie. Il existe  aussi des enfants qui réussissent  et  qui n’ont subi  aucun choc émotionnel.
Rym Harhoura / horizons

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here