Enfants vendeurs de pain «matloue» Un pécule pour aider la famille

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lexpressiondz / Abdelkrim AMARNI

Ils sont jeunes, des enfants presque, au visage innocent de la pauvreté, aux corps frêles et bronzés pour la plupart, à s’exposer le long de la rocade d’Alger pour vendre, à leur risque et péril, du pain «matloue» aux automobilistes de passage. Lorsqu’il ne pleut pas et qu’il fait beau, ils ont la chance de pouvoir vendre, parfois, pour les plus chanceux, la totalité de leurs galettes (matloue) dont sont si friands les Algériens, surtout en cette période de Ramadhan.

De retour du travail en ville, et souvent après avoir trimballé longtemps pour trouver du pain à acheter dans les boulangeries dont les horaires de travail ne correspondent pas tout à fait aux leurs, nombre de citoyens véhiculés sont contents, et même ravis, de trouver du pain traditionnel auprès de ces pauvres hères qui passent plusieurs heures debout à «attendre» un éventuel acheteur, bien qu’ils soient nombreux à l’approche de la rupture du jeûne, pour écouler le contenu de leurs couffins, à l’aspect douteux, et rentrer contents à la maison avec un pécule «satisfaisant» pour aider leurs familles, qui n’arrive pas à joindre les deux bouts en cette période où la cherté des fruits et légumes a envahi les marchés pour ne citer que ces lieux. Généralement, ces gamins s’adonnent à cette activité pendant les vacances scolaires sous la chaleur de la saison, mais la cherté de la vie en a décidé autrement.

Chaque enfant ramène dans son couffin une vingtaine de galettes pour espérer un gain de 200 à 300 DA à peine. Au vu du prix de la semoule, la galette est cédée à 30 ou 35 DA voire 40 DA à certains endroits «chics». Mieux que rien, oserions-nous dire, mais il faut bien aider les parents qui se démènent pour nourrir leurs mioches afin qu’ils puissent passer un Aïd El Fitr digne aux côtés des «titi» de leurs quartiers. Ces jeunes enfants-vendeurs s’installent en groupes ou sont éparpillés, en gardant un espace modeste de quelques mètres entre eux. Cette année, depuis le début du Ramadhan, ils sont partout, même en ville.

Les paniers de pain installés à même les trottoirs par ces jeunes vendeurs qui se sont multipliés depuis le début du mois sacré. Ils sont fort nombreux, notamment dans les quartiers populaires de la capitale, comme partout ailleurs, dans les grandes, moyennes et petites villes. Cette multitude de petits vendeurs de «matloue» ne sont que le miroir de l’appauvrissement de toutes les couches sociales du pays qui vivent, malgré eux, la crise économique, alimentaire en particulier, qui frappe plus d’un pays dans le monde, notamment les plus pauvres comme ceux d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine.

lexpressiondz / Abdelkrim AMARNI

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