Face aux hausses continues des prix carburants au Maroc : Les distributeurs de gaz butane annoncent une grève nationale

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Le front social au Maroc est en fronde continue. Pratiquement aucun secteur n’est épargné. La liste des dépassements poussant le peuple marocain à afficher son ras-le-bol et s’opposer aux politiques menées par le régime du makhzen, est longue.

Plusieurs mouvements de débrayage ont été en effet enregistrés ces derniers mois au Royaume. Les  distributeurs du gaz butane eux aussi, montent au créneau suite aux hausses continues des prix de l’énergie que connaît le pays.

Ils viennent d’ailleurs, d’annoncer une grève nationale les 29 et 30 juin du mois en cours. Alors que le gouvernement du Makhzen reste impuissant et tarde à réagir,  l’Association professionnelle des dépositaires grossistes du gaz de pétrole liquéfié a en effet décidé de « cesser toute distribution de bonbonnes de gaz butane les 29 et 30 juin courant », rapportent plusieurs médias locaux.

Dans son communiqué, largement repris,  l’Association, affirme que cette grève nationale est motivée par l’augmentation « vertigineuse des prix des produits énergétiques, du gasoil en particulier, des prix des pièces détachées et des pneumatiques «.

Des charges qui pèsent sur les distributeurs des bonbonnes de gaz butane, dont la marge bénéficiaire est réglementée et demeure la même en raison du plafonnement des prix du gaz butane au Maroc.

Pour l’Association, les problèmes soulevés et à l’origine de cette grève sont à même de mener le secteur à une «faillite des dépositaires et distributeurs du GPL en gros, en l’absence de résolutions des problématiques que vit le secteur et ce, en dépit de nombreuses, et vaines, correspondances adressées à toutes les parties concernées «.

L’Association a souligné également avoir adopté cette décision « en raison de l’incapacité du gouvernement du Makhzen à répondre favorablement à ses revendications ».

« Après de longues discussions, nous avons compris qu’il était impossible de continuer à distribuer des bouteilles de gaz les 29 et 30 juin avec  possibilité de prolonger cette période de grève », a fait savoir l’Association.

Notons dans ce contexte que la suspension de l’activité de l’unique raffinerie du Maroc, «Samir», en mars dernier, a causé la perte de plus de 3.500 emplois chez les manutentionnaires et creusé le déficit commercial du pays.

Le syndicat de l’entreprise avait expliqué que la suspension de l’activité de cette raffinerie «a entraîné une baisse importante des stocks de produits pétroliers, avec la difficulté de contrôler et d’assurer la qualité et le flux d’approvisionnement».

La fermeture de ladite raffinerie s’est également répercutée négativement sur les prix du carburant qui enregistrent « des hausses records au royaume ».

La raffinerie «Samir» représente plus de 2 milliards d’euros de passif, ce qui fait d’elle la plus grosse faillite de l’histoire économique du Maroc, selon le magazine hebdomadaire français «L’usine Nouvelle».

Aussi, la population marocaine supporte, aux dires des spécialistes,  les conséquences financières d’un système énergétique conçu par le Makhzen pour être «totalement inéquitable» pour profiter «exclusivement à des investisseurs privés»,

La libéralisation du secteur énergétique au Maroc en 2014 a entraîné une «situation d’oligopole à tous les niveaux: importation, stockage, vente à la distribution, vente à la consommation,), estime un expert marocain dans une étude publiée récemment par le centre de recherche TNI Longreads.

Il a dans le même sens relevé que «les cinq premiers opérateurs accaparaient 70% du marché en 2017 parmi lesquels trois en détenaient 53,4 %» et en tête, la société Afriquia gaz, détenue par Aziz Akhenouch, chef du Gouvernement depuis septembre 2021.

Y.Y / lapatrienews / By Yanis Younsi

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