Fadéla Boumnedjel-Chitour “La France doit reconnaître que le colonialisme est une abomination”

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Samir LESLOUS / liberte-algerie

La célébration, hier à Tizi Ouzou, de la Journée de l’avocat en hommage à Ali Boumendjel, a été une occasion pour le Pr Fadéla Chitour – nièce de cet avocat du FLN dont l’assassinat par l’armée coloniale a été longtemps maquillé en suicide – pour mettre sur la table, une fois de plus, la question de la “reconnaissance de la colonisation” par l’état français. 

L’intervention du président de l’Ordre des avocats a replacé l’assassinat dans son contexte et lui a restitué sa dimension historico-politique. 

“Ce que nous attendons de l’état français pour apaiser la mémoire, ce n’est pas la seule reconnaissance d’hommes et de martyrs ni encore des excuses – que nous n’avons d’ailleurs jamais demandées puisque, après tout, nous avons gagné la guerre.

Ce que nous demandons, c’est au moins la reconnaissance du crime contre l’humanité, la reconnaissance du colonialisme comme abomination car la France a mené une répression horrible dans notre pays, une répression liée intrinsèquement au système colonial”, a plaidé le Pr Chitour.

Elle estime que si la France ne fait pas cet effort de reconnaissance, “on peut tout attendre comme supercheries et faux-fuyants”. À ce propos, Mme Chitour rappelle qu’elle a déjà réagi en usant de ces mêmes propos en 2021, à l’occasion de  la sortie du rapport Stora et des déclarations du président français, Emmanuel Macron, et qu’ils avaient suscité l’étonnement.

“On avait été très étonnés lorsque je disais que la reconnaissance de l’assassinat d’Ali Boumendjel est affreusement tardive car les aveux du général Aussaresses datent de 2001 et que ce n’est que longtemps plus tard que la France a reconnu ce crime d’état, doublé d’un mensonge d’état, tant ce crime a été maquillé en suicide. Ce qui a fait très mal, cependant, à la famille à laquelle un ravage psychologique a été causé et dont le chagrin a été démultiplié. Ce fut une tragédie pour la famille, notamment ses parents qui sont morts sans connaître la vérité”, a témoigné Fadéla Chitour.

En évoquant son oncle, le célèbre avocat du FLN, originaire de Taourirt Menguellet, dans la région d’Aïn El-Hammam, Fadéla Chitour a vite établi une transition vers le contexte de l’heure et le combat des avocats.

“Le nom de cette figure emblématique et symbolique du combat des avocats qu’était Boumendjel a été associé à cette journée du 23 mars. Vous vous êtes réapproprié son combat et son martyre dans la fidélité et la continuité. Je salue avec émotion ces avocats qui, quels que soient leur âge, leur sexe et leur origine, continuent à se battre avec beaucoup de courage, d’abnégation et de dévouement, pour ces malheureux prisonniers d’opinion”, a salué celle qui mène un combat sans répit pour la démocratie, mais également pour le droit des femmes.          

Samir LESLOUS / liberte-algerie

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