Fête de l’Independence: le rôle de l’Equipe Du FLN

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13 avril 1958. Une date pas comme les autres. Une nouvelle étape dans la guerre d’indépendance. Un des tournants majeurs sur la voie de la liberté retrouvée. Une date symbole que les plus jeunes ne semblent pas connaître. Qui aimerait à figurer en bonne place dans les manuels scolaires car on ne fait pas assez pour rendre l’hommage que méritent ces footballeurs tellement talentueux qui ont décidé de répondre à l’appel de la Patrie. En montant au front à leur manière. Ballon au pied. En dignes ambassadeurs de la cause nationale

Descendus droit du …maquis

On ne joue plus. Mais ailleurs, pas en France. L’Algérie, qui mène, dans le silence assourdissant de la communauté internationale, une guerre de libération qui amorce un virage décisif face à la formidable armada de l’armée coloniale soutenue par l’OTAN. Jette toutes ses forces dans la bataille.

A besoin de tous ses enfants sur les chemins difficiles de l’indépendance. D’une cause juste gagnant en audience malgré l’influence considérable, dans les travées d’une ONU où les choses semblent bouger, les esprits évoluer à force de persévérance d’une diplomatie algérienne très active. Gagne des points. Pas seulement par l’unique langage des armes, nos vaillants « djounouds », sous équipés, certes ont pour eux la foi en Dieu. La justesse de la cause. Forcément noble. Le courage de se battre pour leurs terres. Pour les leurs.

Vivre libre. Un vent de liberté qui soufflera un certain 1er novembre, quatre ans plus tôt et un mouvement révolutionnaire qui n’aura de cesse de gagner en sympathie. Printemps 1958. Il ne fait pas spécialement beau sur un front où l’armée d’occupation aligne les coups durs. Un printemps aux senteurs particulières. Ceux des vestiaires et un ballon que savent si bien manier nos stars de foot disséminés un partout dans l’Hexagone.

Qui animent, à force de talent unique, avec plus ou moins de vista, le haut de la hiérarchie du championnat français. Ce qu’on appelle, dans le jargon footballesque, des perles à l’état pur. Très recherchées en somme. Un printemps paraissant plutôt calme à l’approche d’un été agité (sportivement parlant) avec le déroulement, deux mois plus tard (Suède du 8 au 29 juin 58), d’un prestigieux tournoi, le plus prisé de tous, le Mondial de foot, qui a fait révéler au monde un certain Pelé, devenu d’ailleurs roi incontesté et entrés, lui et sa sélection, le Brésil, depuis, dans la légende d’un jeu sans pareil. Roi parmi

tous les sports. Le pays des « Vikings » en centre du monde. Destination rêvée pour les stars de tous les horizons. Qui rêvent, en secret, d’y être. Un secret bien gardé qui animait une bande de garçons sûrs de leur choix. Mais de tout autres choix. Sur la même voie tracée, deux années auparavant (Tunis, 1956), par le duo chic et choc Habib Draoua- Ahmed Benelfoul, qui donnera naissance à la fameuse Equipe de l’ALN composée notamment de joueurs descendus droit du… maquis.

Une belle idée

Une sélection comptant également en son sein des joueurs, au statut d’amateur, évoluant alors en Tunisie et en Algérie. 1956, un autre été, un événement qui fera date du côté du village d’IFri (Bejaïa), actuel Ouzellaguen. Un autre tournant avec la tenue (le 20 août, une année jour pour jour après l’offensive (une autre date marquante de la Révolution) dans le Nord-Constantinois, dans la clandestinité, du Congrès de la Soummam portant la griffe indélébile d’un certain Abane Ramdane.

Pour beaucoup, historiens et spécialistes de la scène algérienne, un Congrès à la hauteur de la noblesse du combat mené par les enfants d’Algérie et qui marque « le triomphe de l’unité dans le combat, lequel passait par l’élargissement et l’ouverture de la base militante et combattante du FLN à toutes les forces nationales anticolonialistes ».

Base militante élargie aux sportifs avec le mini tour du monde de cette équipe de l’ALN qui, en une année seulement (entre mai 1957 et avril 1958, date justement à laquelle le Parti du FLN apposera sa griffe au bas de l’acte de naissance officiel de la sélection du même nom) en allant démontrer la grande qualité d’un effectif que le public du Moyen Orient, en passant par le Maghreb, découvrira avec étonnement. Une grande équipe qu’il ne manquera pas d’applaudir. A l’arrivée, les statisticiens, outre le soutien à la cause indépendantiste, retiendront ces 42 succès enregistrés sonnant comme autant de reconnaissances.

Une belle idée qui laissera naturellement place au fameux onze (FLN) indépendantiste à composante quasi-professionnelle, les joueurs évoluant en France métropolitaine décidant, à l’unisson, de plier bagages et quitter le confort de leur statut en s’impliquant dans le mouvement révolutionnaire.

En usant de ce qu’ils savaient le mieux manipuler, le ballon et sa forte résonnance. Véritables globe-trotters, les Mustapha Zitouni, Rachid Mekhloufi, Abdelaziz Bentifour, indiscutables pièces- maitresses dans l’échiquier du onze national français qui s’apprête à boucler les derniers préparatifs avant le départ pour Stockholm où a lieu le rendez-vous quadriennal de la balle ronde mondiale. Zitouni proche du grand Real Madrid, et ses camarades, finissent par mettre en forme le projet des projets : un périple à travers le monde où ils apportent leur pierre à l’édifice. Porteront, en héros, la bonne parole là où ils atterrissent. Mille merci

Par Azouaou Aghiles / jeune-independant

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