Flambée des prix: le diktat des spéculateurs

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Par Nabil Chaoui / jeune-independant

La lancinante pénurie d’huile de table conjuguée à une litanie des hausses des prix de large consommation collent a quotidien des ménages d’ores et déjà accablés par une inflation galopante qui réduit à néant le pouvoir d’achat sinon appauvri des familles entières à travers le pays. C’est le constat amère que livre avec brutalité la loi d’un marché anarchique régulé par les spéculateurs qui narguent l’autorité de l’Etat.

A Annnaba, où les autorités de la wilaya ont initié des opérations de solidarité en ouvrant, au profit des familles démunies, des souks et en vendant au détail avec des prix de gros, la majorité des ménages font face à une détérioration constante du pouvoir d’achat. Ces derniers sont tourmentés par la flambée des prix des fruits et légumes ainsi que ceux des viandes rouges et blanches qui, depuis plus d’un mois, affichent une hausse inexpliquée, du moins pour les faibles bourses.

Certains produits de base comme la tomate, la courgette, le poivron vert et l’artichaut ont vu leurs prix grimper de manière vertigineuse. La tomate semble avoir repris sa place de fruit puisque de 40 DA, son prix est passé à 100 DA. La courgette et le poivron vert, quant à eux, sont soigneusement étalés au prix de 150 DA pour l’un et 140 DA pour l’autre, une manière de repousser ceux qui n’ont pas le portefeuille plein. L’artichaut, pour sa part, coûte 180 DA. Il semble avoir pris le dessus sur l’oignon, considéré depuis longtemps comme le roi des légumes.

La hausse n’a pas touché uniquement ces produits, la pomme de terre, la carotte et d’autres légumes font aussi l’objet de spéculation, tout comme les viandes rouges et blanches. Le kilogramme de la viande rouge oscillait entre 1 300 et 1 500 DA la semaine dernière. Les nouveaux prix affichés hier par les bouchers sont de 1 500 et 1 900 DA le kilo. La volaille, quant à elle, est remontée sur le podium. Il y a quelques mois, le poulet était cédé aux alentours de 320 DA le kg pour atteindre il y a moins d’un mois les 450 DA, avant de grimper à 550 DA le kg. L’œuf, pour sa part, était vendu hier à 17 DA l’unité. A prendre ou à laisser. Face à cette situation, le dernier mot revient au consommateur. Lui seul est habilité à éliminer ou pas certains produits de consommation si la bourse ne permet pas leur achat.

Aujourd’hui, les ménages ne peuvent se permettre de faire des écarts en achetant des produits de consommation supplémentaires. Ils doivent plutôt essayer de s’approvisionner en denrées nécessaires, en somme le pain et le lait. Mais même le lait en sachet se fait rare, entraînant parfois des queues de plusieurs dizaines de mètres et des heures d’attente.

Concernant les prix des fruits et légumes, à l’origine de cette situation comme l’expliquent certains commerçants, tout se passe dans le marché de gros. «Nous faisons des négociations avec les mandataires pour faire descendre les prix des fruits et légumes mais ils nous disent avoir des charges importantes pour leur production.
Parfois, nous sommes soumis à une véritable vente aux enchères, et cela se répercute automatiquement sur le pouvoir d’achat des consommateurs puisque, nous-mêmes, nous payons cher notre marchandise», a confie un jeune commerçant au Jeune Indépendant.

Si les uns et les autres ont raison, à qui revient la responsabilité de cette flambée des prix qui ne pénalise que la pauvre ménagère ? En tout état de cause, les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles pour le foyer algérien. Et l’administration locale d’Annaba est tout autant concernée par cet état de fait puisque si cela venait à perdurer, le nombre de familles pauvres déjà recensées par les services sociaux de la wilaya va augmenter.

En 2021, les services de la DAS ont recensé 37 873 familles nécessiteuses. Plusieurs candidats aux dernières élections législatives ou locales, durant leurs campagnes électorales, avaient rejeté le recensement de la DAS. Les candidats aux élections avaient affirmé que ces chiffres sont insignifiants et qu’«il faudrait peut-être les multiplier par dix». Mais ce qui est bien, ont noté ces candidats, c’est l’élan de solidarité populaire constaté à chaque fois que ces familles nécessiteuses sont dans le besoin. Pour rappel, plusieurs aides sociales ont été générées en 2021 par des opérateurs économiques ainsi que par la population aisée de la wilaya. Mais cela ne peut en aucun cas continuer.

Il faut que l’Etat algérien sorte le chéquier ou, à défaut, régule les prix de vente. Mais au fait, qu’en est-il de la promesse du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait affirmé qu’il punirait les spéculateurs ? En attendant, le citoyen se noie devant les affres des prix.

Par Nabil Chaoui / jeune-independant

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