Gestion des déchets urbains : des bacs de tri sélectif dans les écoles, pourquoi pas ?

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Compte tenu de la gravité des enjeux en matière de gestion des déchets urbains dans notre pays, le temps de la simple sensibilisation nous semble, aujourd’hui, largement dépassé.

Il convient, en effet, de passer sans plus attendre à d’autres étapes plus concrètes, plus efficientes, d’une authentique reprise en main de notre environnement ; et, par la même, de la manière dont nous gérons les déchets urbains.

Ne serait-il pas urgent, en l’occurrence, de réhabiliter les fondamentaux de l’instruction civique à l’école ? Et, pourquoi pas, envisager de préparer les futurs citoyens des années 2020-2030-2040 en leur enseignant d’ores et déjà ne serait-ce que les quelques rudiments de base que tout(e) enseignant(e) se doit de dispenser en la matière ? Et, parmi ces précieux rudiments, ne devrait-on pas compter en premier lieu la thématique de la gestion, par les écoliers et lycéens, des déchets produits d’abord et avant tout par les établissements concernés ?

N’est-ce pas là une des solutions envisageables parmi les plus simples et les moins coûteuses ? En tout cas de celles qu’on peut assez rapidement mettre en œuvre à travers, d’une part, la dotation -dès les prochaines rentrées scolaire, secondaire et universitaire 2022-2023- des établissements tous paliers confondus de tout le territoire national, en poubelles dites communément «intelligentes» car destinées au fameux tri des déchets urbains et d’autre part, la mise en route d’une première approche pédagogique en matière de gestion minima de ces déchets ? Pour tout dire il s’agirait, sans plus ni moins, de mettre en place dans les cours d’école et lycées, plusieurs bacs  adéquats pour le dépôt de ces déchets : un bac pour les ordures ménagères ; un autre pour tout ce qui est en matière plastique, un autre encore pour tout ce qui est en papier et carton ; un autre enfin pour tout ce qui est en verre, etc.

Quant au ramassage, il pourrait se faire selon diverses périodicités : chaque jour par «Netcom» pour ce qui est des ordures ménagères, chaque quinzaine ou chaque mois pour ce qui est des autres déchets dont il ne faut pas perdre de vue qu’ils sont recyclables par nombre d’entreprises concernées : à titre d’exemple, «Tonic emballage» pour tout ce qui est en papier et carton, «Enava» pour tout ce qui est en verre, «Enpc» pour tout ce qui est en plastique, etc. Il suffirait, pour le(s) ministère(s) de tutelle, d’initier des conventions en ce sens avec les entreprises concernées…

Pour un respect «stricto sensu» de notre environnement

Et, tant qu’à faire, pourquoi ne pas prévoir, chaque jour que Dieu fait, avant l’entame des cours proprement dits, durant ne serait-ce que les cinq à dix premières minutes consacrées à une instruction civique enfin réhabilitée, de courtes séances d’explication et de vulgarisation où les élèves seraient progressivement familiarisés à cette gestion des déchets, d’abord théoriquement, ensuite de façon concrète sur le terrain, et peu à peu à travers l’extension graduelle de cette formule à d’autres actes civiques quotidiens tout à fait banals dans la forme, mais o combien salvateurs dans le fond ?

Ces courtes séances en question qui, à l’image de ce que font quotidiennement les Japonais et ce, à chaque entame de pareilles séances lesquelles, dans leurs écoles, les familiarisent avec les fondamentaux en matière de gestes salvateurs en cas de séisme, ces courtes séances donc, ne seraient-elles pas tout aussi salvatrices pour nos futurs citoyens et ce, dans le domaine qui nous concerne directement en tant qu’Algériens, à savoir le respect «stricto sensu» de notre environnement ?

Cela ne pourrait, pour ce qui est de la finalité pédagogique, signifier qu’une chose : c’est là, sur les bancs de l’école, que se joue en grande partie, de façons permanente et déterminante, l’accès de l’Algérie à la citoyenneté effective et, pourquoi pas, à la modernité. Modernité en ce qu’elle pérennisera, à travers l’adhésion à l’universalité, l’existence d’un État de droit fort et une consubstantielle citoyenneté des Algériens.

Bien sûr, et quand bien même à ce stade de la dynamique enclenchée elles ne peuvent ètre que les bienvenues, la compétence et l’intégrité à elles seules ne suffiraient pas pour surmonter tous les défis en ce domaine -la gestion des déchets urbains- qui nous attendent dans les années à venir. Mais si, en plus de la compétence et de l’intégrité, on y mettait un tant soi peu d’engagement patriotique, surtout dans les secteurs de l’Education Nationale et de l’Enseignement supérieur, nul doute que dans le moyen terme, tout au plus dans un peu moins qu’une décennie, on pourrait parler d’Algérie enfin réconciliée avec elle-même et cela, grâce à une transition énergétique raisonnée en matière de gestion des déchets urbains. Pour tout dire, grâce à une politique conséquente en matière de protection de l’environnement et de développement durable.

Kamel Bouslama / Radio-m

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