Hausse des prix de l’or : Net recul des ventes de bijoux en Algérie

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Reportage réalisé par : Hamid Mechri

À l’approche de l’été, saison propice aux fêtes de mariage et autres célébrations, les Algériens ne se bousculent pas, contrairement aux années précédentes, pour l’achat de bagues, colliers, bracelets et autres boucles d’oreilles  en or. Globalement, comme on peut le constater, les achats sont moroses et beaucoup de bijouteries ont dû fermer, faute de clients. Ce recul du marché des bijoux en Algérie s’explique principalement par la forte baisse des achats de bijoux, mais pas que : le renchérissement de ce métal précieux a affecté le marché local, pesant lourdement sur le chiffre d’affaires de beaucoup d’artisans. Dans certaines bijouteries, le prix du gramme d’or est fixé à 13 000 DA, au grand dam, surtout, de ceux qui s’apprêtent à se marier ! Avec l’érosion continue du pouvoir d’achat d’un grand nombre de citoyens, l’or, bien qu’il soit très apprécié par les Algériens, est majoritairement associé aux fiançailles ou au mariage, classé dans la catégorie des produits de luxe.

Il est facile de constater cette réticence des Algériens en se rendant dans n’importe quelle joaillerie ; les rares clients qui osent mettre les pieds dedans déchantent vite à l’annonce des prix. Les clients s’accordent à dire qu’ils trouvent les prix exorbitants, une simple bague en or pouvant atteindre jusqu’à 60 000 DA. Dans la plupart des cas, les clients préfèrent réfléchir à deux fois avant d’acheter ou reporter carrément leur achat.

13 000 DA le gramme d’or importé

Beaucoup ne cachent pas leur mécontentement face aux prix qui ne permettent plus d’acheter ce qu’ils veulent, en particulier quand cela concerne des fêtes de fiançailles ou de mariage. «Quand on entre dans une bijouterie, c’est comme si on avait l’intention d’acheter une voiture, pas une bague pesant un ou deux grammes !» ironisent certains acheteurs.

Toutefois, une virée dans les bijouteries révèle un écart relatif du prix du gramme d’or : dans l’une, on peut trouver le gramme de l’or local cédé à 11 500 DA, tandis que le gramme d’or importé atteint 13 000 DA, et dans une autre boutique, il est vendu à 11 000 DA, et celui importé à 12 000 DA. Les vendeurs d’or ajoutent le poids des pierres de cristal qui sont incrustées sur les bijoux, au poids de l’or net, sans le considérer comme un matériau différent ou non de la même valeur et de la même cherté, ce qui a conduit les clients à éviter l’achat de bijoux chargés de pierres, préférant les pièces d’or simples.

Dans le cas où l’or utilisé est vendu par le client au bijoutier, une pratique connue sous l’appellation de «cassé», ce dernier achète le gramme d’or à un prix inférieur, souvent  moins de 8 500 DA.

La loi non respectée

Selon un site internet des prix de l’or sur le marché officiel algérien, l’once d’or atteint 267 560,71 DA, et le prix du gramme d’or 24 carats 8 603,24 dinars, le 22 carats 7 886,30 DA, le 21 carats 7 527,83 DA et le 18 carats 6 452,43 DA. Le repli des ventes de l’industrie bijoutière s’explique par la rareté de la matière première sur le marché local, ce qui dissuade les artisans à produire plus, a indiqué Kamel Seddiki, ancien président de la Fédération nationale de l’or. Ce bijoutier de profession a attiré l’attention sur un aspect très dangereux lié au non-respect de la loi relative à la vente de bijoux en or 18 carats reconnue dans les années 80 et 90, et au calibre adopté en Algérie. La plupart des marchands d’or, selon lui, activent dans le chaos et ne respectent pas le droit du consommateur.  Seddiki a estimé que la vente d’or se fait au détriment de la loi régissant cette profession, ce qui ressemble à de la fraude et à de la tricherie, dans de nombreux cas, car il a exclu que ce sont réellement des bijoux 18 carats qui sont vendus, d’autant que le consommateur n’a pas suffisamment de connaissances et ne songe même pas à poursuivre le bijoutier, même s’il dispose d’une facture de ses achats. «Les Algériens sont volés sur le marché de l’or, et seules des marchandises frauduleuses leur sont vendues», a-t-il expliqué.

La matière première, dont la production locale ne représente qu’une faible partie, est rare et chère. Elle est vendue uniquement par l’Agenor (Agence nationale de transformation et distribution de l’or), le fournisseur officiel des artisans joailliers qui reçoivent annuellement un quota d’un kilogramme d’or.

H.M. / Ebourse

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