Il y a 60 ans, fut assassiné Enrico Mattei Le symbole de l’amitié algéro-italienne

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Sa mort est toujours une plaie ouverte pour toute l’Italie et …l’Algérie, notamment en cette période de crise énergétique.

Beaucoup de choses ont été dites sur l’affaire Enrico Mattei, patron et fondateur du géant pétrolier italien des hydrocarbures, ENI, qui joua un rôle décisif dans le soutien à la révolution algérienne. Mais pas au point de connaître, soixante ans après sa mort, les commanditaires. Une certitude, son avion s’est écrasé en Lombardie (Italie) le 27 octobre 1962. Un accident demeuré, jusqu’à aujourd’hui, suspect.

Nombreux étaient ceux qui souhaitaient sa mort. Du puissant cartel pétrolier aux politiciens qui ne supportaient pas son leadership sur la scène internationale, ses liens avec les membres du GPRA, son précieux soutien a` la lutte de Libération nationale et sa contribution à la stratégie de la délégation algérienne du GPRA, en matière de négociations sur les hydrocarbures, en prévision des Accords d’Évian, jusqu’à ceux qui aspiraient à prendre sa place chez ENI.

Les mobiles du crime sont indénombrables. Sa mort est toujours une plaie ouverte pour toute l’Italie et…l’Algérie, notamment en cette période de crise énergétique. Ami de la Révolution algérienne contre l’occupation française, Enrico Mattei, qui a défendu la cause du peuple algérien par l’acte et la parole, est devenu, à travers les années, une figure de proue de la coopération économique et de l’amitié entre l’Algérie et l’Italie, voire un symbole. Preuve en est que le gazoduc «Trans-mediterranean pipeline», reliant les deux pays, porte, depuis 1999, le nom d’Enrico Mattei. En hommage à son courage, l’Algérie a donné le nom de l’ «ami italien de l’Algérie» Enrico Mattei au jardin du Hamma à Alger. Un geste, certes, symbolique mais qui témoigne de la solidité de l’amitié algéro-italienne et d’une coopération économique bilatérale. Signe de la reconnaissance éternelle de l’Algérie envers ses soutiens et de l’excellence des relations algéro-italiennes, Enrico Mattei a été décoré, à titre posthume, de la médaille des amis de la Révolution. Soixante ans après son «assassinat», Enrico Mattei demeure pour les Algériens, «un point de repère, une des figures désormais mythiques qui appartiennent à l’histoire de la construction de l’Algérie indépendante».

N’a-t-il pas déclaré, publiquement à l’époque, qu’«il n’aurait jamais accepté des concessions pour ENI dans le Sahara algérien tant que le pays ne gagnait pas son indépendance». N’a-t-il pas mis, à la veille des Accords d’Évian, «en relation son plus proche collaborateur Mario Pirani, qui s’installa à Tunis, pour la circonstance, en janvier 1962 sous une couverture de journaliste, avec Abdelhafid Boussouf, Krim Belkacem, Mohamed-Essedik Benyahia pour la gestion des questions politiques liées aux relations euro-méditerranéennes et les questions techniques avec les membres du MALG chargés du dossier des hydrocarbures, Mohamed Khelladi, Redha Rahal, Kasdi Merbah, Mahmoud Hamra Krouha, rappelait Daho Ould Kablia dans son livre Boussouf et le MALG, la face cachée de la révolution.

Certes, Enrico Mattei a assisté à l’indépendance de l’Algérie, mais n’a pas pu connaître l’Algérie indépendante, même si une visite de travail et des projets de collaboration étaient en préparation au moment de sa mort. Qu’à cela ne tienne, sa veine reliant l’Algérie à l’Italie porte son nom pour l’éternité. 

lexpressiondz / Smaïl ROUHA

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