La directrice du marketing limogée après une erreur «politique» impardonnable Nouveau «crash» chez Air Algérie

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lexpressiondz / Walid AÏT SAÏD

La gestion des réseaux sociaux a été confiée au groupe français Havas, appartenant à Vincent Bolloré, une vieille «connaissance» de l’Algérie. Le contrat juteux a été résilié à la suite de cet incident mais des questions demeurent en suspens…

Un scandale en cache un autre! Mardi dernier, Air Algérie a mis fin aux fonctions de sa directrice du marketing, Nahla Ben Belkacem. Vous direz qu’il s’agit là d’une démarche tout a fait normale dans la vie d’une entreprise. Pourquoi alors en parler dans les colonnes d’un journal? Tout simplement parce que ce limogeage intervient après une grave faute professionnelle qui a touché à l’image même du pays. Revenons aux faits, vous comprendrez… Il y a quelques jours, la compagnie aérienne nationale faisait la promotion de la destination Tlemcen, rappelant qu’il y avait deux vols par semaine à partir d’Alger, durant le mois de Ramadhan. Sauf que la capitale des Zianides y est présenté comme une ville…marocaine. Gravissime! Surtout que cet impair impardonnable intervient dans un contexte politique des plus tendus entre les deux pays. Pis encore, personne de cette direction marketing n’a remarqué cette faute, qui saute aux yeux. La publication a été maintenue pendant presque toute la journée, avant d’être retirée, après que les réseaux sociaux se sont enflammés.

Les internautes algériens ont, en effet, dénoncé avec force cette erreur faisant le buzz pour que cela remonte aux hautes autorités du pays. La blogosphére du voisin de l’Ouest n’a pas raté l’occasion. Le Makhzen et ses relais ont noyé la Toile marocaine des capteurs d’écran de ce post pour retomber dans ses délires habituels en voulant rendre la «Grenade africaine» une ville …marocaine. Un vieux disque rayé auquel les citoyens algériens et marocains ne prêtent plus attention. Mais voilà que le département marketing d’Air Algérie s’est mis à faire sa promotion. Chose qui est arrivée aux oreilles du président de la République, Abdelmajid Tebboune.

Il a donc ordonné à ce que les têtes des responsables de cette mascarade tombent, avant que d’autres mesures plus sévères soient prises, car, comme on le disait au début de l’article cette infamie en cache une autre bien pire! À la suite de cette erreur, il a été décidé de mettre fin au contrat de l’entreprise qui s’occupe de la gestion des réseaux sociaux du fleuron de l’aviation. Surprise, c’est une agence étrangère. En effet, ce scandale nous apprend que c’est la boîte de communication française, Havas, qui a décroché ce contrat juteux via sa filiale algérienne, GanFood qu’elle a racheté en 2017.

Certes, c’est une entreprise de droit algérien mais détenue par l’empire d’une veille connaissance de l’Algérie, en l’occurrence Vincent Bolloré, celui-là même qui s’est associé avec Eric Zemmour durant la campagne présidentielle française pour s’attaquer à l’Algérie, dont-ils ont fait leur sujet de prédilection. Il est donc à se demander comment cette agence de com, qui transfère une partie de ses bénéfices hors de notre territoire, a pu décrocher un tel contrat? Y -a t-il eu un appel d’offres? Quelles sont les critères retenus, sachant que Havas est, certes, leader dans le monde mais loin de l’être dans le marché algérien. Il y a des dizaines d’agences «100% made in bladi» qui ont de meilleures références en la matière, surtout en digital marketing.

Alors comment les a-t-elles surpassée? Sachant qu’Air Algérie est une compagnie nationale publique d’un pays où le chef de l’Etat insiste afin de consommer local. Que ce soit en produits ou en services, le président Tebboune a ordonné de favoriser tout ce qui est local. Il ne badine pas avec ce point. On se souvient que l’été dernier le ministre des Transports et le P-DG de la même compagnie avaient été renvoyés pour avoir importé des ustensiles de Tunisie alors qu’ils sont fabriqués dans le pays. À la suite de cette affaire, l’ex-P-DG d’Air Algérie a été condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis et à une amende de 500 000 DA.

Comment Air Algérie a t-elle pu commettre un tel impair? De plus, il est a se demander comment une entreprise de la taille d’Air Algérie peut «externaliser» la gestion de ses réseaux sociaux, devenu un point sensible pour toute entreprise dans le monde. À quoi sert alors le département du marketing? Pourquoi ne pas utiliser des ressources en interne ou, au pire, recruter des «communtiy manager». Ce n’est pas ce qui manque en Algérie, il y en, a en plus de très compétents qui ne demandent qu’a travailler? Faisons un petit voyage vers les autres grandes compagnies dans le monde afin de savoir quelle stratégie digitale ils ont adopté? Eh bien, sans surprise, la plupart gérent eux-mêmes leurs R.S. à l’image d’Air France qui a son propre département de marketing digital. Sommes -nous plus intelligents? Une chose est sûre: ce nouveau scandale à Air Algérie aura permis de dévoiler les dessous d’une aberration…

lexpressiondz / Walid AÏT SAÏD

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