La Tunisie asphyxiée par la flambée des prix

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Sucre, ‘huile végétale, riz et autres, la Tunisie connaît une pénurie de produits de base. Les rayons des supermarchés sont vides. Les rares produits disponibles sont vendus sous forme de rations uniquement.

Des Tunisiens font la queue devant les supermarchés pour faire leurs emplettes. Il faut faire preuve de patience et de courage car dans les files d’attente, le droit du plus fort devient la règle.

« Il n’est pas possible de vivre sans nourriture. Nous pouvons vivre sans meubles, sans bâtiment ou sans rien d’inutile, mais manger est une chose nécessaire, surtout à des occasions comme l’Aïd, le Ramadan ou le Moulid. Et nous ne pouvons pas nous passer des ingrédients de base, quoi qu’il arrive. », tempête Aicha, une tunisienne.

Les aliments ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Le chômage atteint 18 %, l’inflation 9,1 %, le plus élevé depuis trois décennies, selon l’Institut national des statistiques du pays. La colère gronde.

« Fournissez-nous de l’huile, du sucre, de la semoule. Ceux-ci coûtent maintenant 17 dinars (le kilo), et 5 litres d’huile sont devenus 59 dinars.’’, déclare Noureddine Bhiri, haut responsable du parti Ennahdha.

Face à ces sombres perspectives, les Tunisiens n’hésitent de plus en plus à mettre leur vie en danger pour tenter de rejoindre l’Europe à la recherche d’une vie meilleure.

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, une ONG qui suit de près les migrations, affirme que 507 migrants tunisiens sont morts ou ont disparu jusqu’à présent en 2022.

Selon le porte-parole de la Garde nationale, Houssameddine Jebabli, les garde-côtes ont déjoué plus de 1 500 tentatives de migration illégale vers l’Italie de janvier à septembre 2022, impliquant des familles entières dont près de 2 500 enfants.

Les autorités accusent les spéculateurs, le marché noir et la guerre en Ukraine. Faux ! disent les économistes qui pointent le défaut de payement, l’économie du pays tousse.

« Face à cette augmentation des prix, la Tunisie est devenue l’un des premiers pays à ne pas pouvoir régler ses achats de matières premières. Il y a un manque de céréales, d’énergie. Les pays producteurs vendent à des pays dont ils sont sûrs qu’ils vont payer, mais la Tunisie est en queue de file et parfois elle rate son tour, ce qui explique les pénuries de matières premières subventionnées comme le sucre, la farine, l’huile végétale, car toutes ces choses sont des matières importées… », explique Moez Hdidane, économiste.

Tunis négocie un prêt de 2 à 4 milliards de dollars avec le FMI pour faire face à son déficit budgétaire. Suppression progressive des subventions et privatisation des entreprises publiques, ce qui implique des licenciements massifs et une aggravation du chômage, les exigences de l’institution de Bretton Woods risquent de provoquer des grincements de dents.

Fr.africanews

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