« L’armée mexicaine »rend hommage à Rachid Taha

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Dans le cadre de l’exposition « Algérie mon amour », un concert est prévu le jeudi 14 avril 2022 à l’IMA un hommage à un grand nom de la musique rock et funk, Rachid Taha, décédé d’une crise cardiaque à 59 ans.

Une chronique de Fabienne Touma

Moi, je suis Coran alternatif. » Rachid Taha en chapeau, chemise à fleurs, tout le reste en cuir noir, est né à Oran, il fut jeune dans les Vosges, puis dans la banlieue de Lyon. Et le quotidien « le Monde » saluait ainsi, lors de sa disparition en 2018, cet artiste qui incarna toute une géénration issue des cités maudites de la République: « Trublion un jour, trublion toujours. Cheveux en liberté, barbe naissante et lunettes intégrales, Rachid Taha habite le 20arrondissement de Paris, genre entrepôts réhabilités et portail en fer. Le café du coin expose des portraits de Mao et d’Eminem sérigraphiés par un lointain disciple de Warhol ». 

« L’armée mexicaine » a été formée quelques mois seulement après la mort prématurée de l’artiste franco-algérien. Ce groupe est une association de musiciens, compositeurs et chanteurs qui se réunissent pour réinterpréter les tubes de leurs amis et de leur « boss ». Au programme Ya Rayah, Rock el Casbah, Nokta, It’s Now or Never, à Zoom sur Oum et Bent Sahra, Barra BarraGarab…Bref, tous les titres qui retracent l’éclectisme de ses gouts: le raï et le chaâbi, ces musiques populaires venues de l’Oranie et de l’Algerois, mais aussi la techno, le rock, le funk…

Or à la veille d’une Présidentielle française où m’extrème droite réunit plus d’un tiers des suffranges, « l’armée mexicaine » est mobilisée pour cette soirée organisée en sa mémoire le 14 avril à l’Institut du Monde Arabe. On y croisera  Sofiane Saïdi (chant), Catherine Ringer (chant), Samira Brahmia (chant), Flèche Love (chant), Franck Mantegari (percussions), Hakim Hamadouche (mandoluth et chant), Idris Badarou (basse et chœurs), Kenzi Bourras (claviers et chœurs), Yan Péchin (guitare) et Slimane Dazi (spoken word) 

« Carte de séjour »!

Utilisant la musique comme outil de communication et d’expression, le musicien plaide pour  l’intégration et la tolérance des populations immigrées à travers. Son groupe: Carte de séjour. Le nom incarne son engagement.. Mais aussi il chante pour les centaines de milliers de travailleurs français transférés contre leur gré pour le Service du travail obligatoire durant l’occupation de la France par les nazis. Le groupe, à cette occasion, reprend alors 

Algérien, il reste attaché à ses origines. Français, Rachid Taha reprend la chanson « Douce France », de Charles Trenet.. L’artiste chante aussi bien en arabe qu’en français, pionnier dans l’art de réunir les rythmes de la musique orientale à celle du rock et du funk

Le rockeur enrichit sa carrière musicale en collaborant avec Khaled et Faudel, mais en chantant aussi du Claude François et du Charles Trenet. Il rend hommage à plusieurs artistes internationaux, tels qu’Elvis Presley et Oum Khalthoum. La star égyptienne a été d’une influence particulière pour lui puisqu’il apprend tout d’abord à parler et à écrire l’arabe, notamment en écoutant ses chansons. Il n’oublie pas pour autant ses influences chaâbi (Dahmane El Harrachi, Hadji El Anka, Akli Yahyaten, Nass El Ghiwane, Farid El Atrache, Cheikha Remitti, etc.).

Douce France

Plus de quatre ans après son décès, Rachid Taha est toujours présent dans la mémoire collective et reste une des figures emblématiques de la musique, plus précisément au niveau du rock arabe. Non seulement « l’armée mexicaine » poursuit cet hommage à leur amis et à l’artiste qu’était Rachid Taha, mais aussi une exposition est proposée au Conservatoire national des arts et métiers, l’exposition « Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines ».

Un joli clin d’oeil à la reprise de la chanson de Charles Trenet par Rachid Taha.

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