L’automédication, première cause de la pénurie de Lovenox

0
766

Par Mohamed Mecelti / jeune-independant

En raison de la surcharge des services dédiés à la Covid-19 dans les hôpitaux et le manque criant d’oxygène, des malades atteints du nouveau coronavirus préfèrent recourir à l’automédication, ou au traitement à domicile, créant ainsi une pénurie de certains médicaments utilisés dans le cadre du protocole thérapeutique anti-Covid-19.

Le rush sur le fluidifiant sanguin Lovenox et de son générique produit localement Varenox, au même titre que les corticoïdes et les antibiotiques, a créé une rareté de ces médicaments sur le territoire national.

Selon les déclarations des membres du comité scientifique du suivi de la pandémie et celles du président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO), le Dr Messaoud Belambri, quatre laboratoires produisent ce fluidifiant sanguin, lequel sera de nouveau disponible à partir de la semaine prochaine.

Plusieurs pharmaciens interrogés par le Jeune Indépendant ont signalé le manque criant de Lovenox 0.6 et 0.8, soulignant néanmoins la disponibilité de temps à autre du Lovenox 0.4.

Yacine, gérant d’une pharmacie à Ouled Fayet, à Alger, déplore l’augmentation, d’une manière incompréhensible, de la demande sur les médicaments entrant dans le traitement de la Covid-19. Il explique que des personnes stockent chez eux, sans qu’ils soient malades, ces traitements ainsi que des concentrateurs d’oxygène, privant des malades d’un traitement vital et compliquant davantage la gestion de la pandémie.

«Il faut cesser de stocker les médicaments et laisser les pharmaciens faire leur travail en dispenser le traitement aux vrais malades. Et, surtout, arrêtons l’automédication qui, en plus d’augmenter la demande et de créer des pénuries, peut présenter un réel danger pour les malade», indique-t-il.

Indépendamment des assurances des responsables du secteur pharmaceutique quant à la disponibilité, «très prochainement», de ces médicaments nécessaires dans le traitement des malades atteints de la Covid-19, les files d’attente devant les officines de la capitale ne désemplissent pas.

«Sept pharmacies et toujours rien», lance Amira, qui patiente, une énième fois, dans la file d’attente d’une officine d’Alger-Centre pour trouver du Lovenox, inscrit par le médecin traitant de son père, atteint de Covid-19 depuis plus de dix jours.

«C’est très difficile de mettre la main sur certains médicaments, surtout Lovenox ou même son générique», déplore-t-elle.

Une situation dramatique qui oblige les citoyens à la recherche de ces médicament de passer des dizaines de minutes devant chaque officine qu’ils croisent, s’exposant, à leur tour, à un risque de contamination, et ce dans l’espoir de trouver de quoi soulager leurs proches.

En plus de la pénurie d’oxygène qui paralyse les hôpitaux et qui fauchent des dizaines de vies au quotidien depuis le début de la troisième vague, il semblerait que les citoyens algériens

devront faire face pour encore quelque temps, surtout après la propagation du variant Delta dans le pays, à la rareté des médicaments indispensables dans le protocole de traitement de la Covid-19.

Pour atténuer l’impact de cette crise, les officines pharmaceutiques devraient exiger une ordonnance médicale pour toute délivrance de médicaments destinés au traitement de la Covid-19.

Il convient de rappeler que les laboratoires pharmaceutiques locaux produisent près de 60% des besoins du marché national, alors que 32% sont mobilisés pour travailler en continu afin de faire face à la troisième vague du nouveau coronavirus.

Officiellement, l’Algérie totalise près de 180 000 cas de contamination à la Covid-19 et 4 487 décès depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Par Mohamed Mecelti / jeune-independant

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here