Le Pen veut sanctionner le port du voile par une «amende»

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La candidate d’extrême droite Marine Le Pen a annoncé, jeudi, qu’elle voulait punir le port du voile, en France, si elle était élue présidente de la République. Le premier tour est prévu dimanche.

La candidate d’extrême droite à la présidentielle française Marine Le Pen a réaffirmé jeudi sa volonté d’interdire le port du voile dans l’espace public, en précisant qu’elle le sanctionnerait par une «amende». Le premier tour de l’élection, qui réunit douze candidats, est prévu dimanche et les instituts de sondages donnent Marine Le Pen et le président sortant Emmanuel Macron favoris. L’écart entre les deux candidats s’est même réduit au second tour, même si Emmanuel Macron reste favori.

Pour le port du voile dans la rue, «on aura une contravention de la même manière qu’il est interdit de ne pas mettre sa ceinture de sécurité (…) C’est tout à fait applicable», a affirmé Marine Le Pen sur la radio RTL. Elle a assuré qu’il s’agissait d’une «mesure que les Français demandent», car «dans les vingt dernières années, ce voile a été utilisé par les islamistes comme un uniforme et comme une démonstration de l’avancée du fondamentalisme islamiste».

Lutter contre les «idéologies islamistes»

La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non pratiquants, selon plusieurs études sur le sujet, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe. La candidate du Rassemblement national (RN) ne compte plus en revanche interdire le port de la kippa.

Marine Le Pen avait présenté en janvier 2021 son projet pour lutter contre les «idéologies islamistes», jugées «totalitaires», qui sont à ses yeux «partout» et qu’elle entend bannir de toutes les sphères de la société, à commencer par le voile. Le texte entend interdire la «pratique, la manifestation ainsi que la diffusion publique», au cinéma, dans la presse comme à l’école, des «idéologies islamistes».

«Qu’est-ce que tu lui aurais fait, toi?»

«Il ne s’agit pas de s’en prendre à la liberté de conscience», avait assuré l’eurodéputé RN Jean-Paul Garraud, présenté comme ministre de la Justice si Marine Le Pen est élue. Interrogé sur la constitutionnalité du texte, l’ancien magistrat avait répondu qu’«avant de s’autocensurer (…) parce qu’on a peur (du) Conseil constitutionnel», il faut «d’abord mettre en place les dispositifs qui conviennent».

Marine Le Pen, qui a déjà pris des selfies pendant sa campagne avec des femmes voilées, s’était emportée mi-mars contre un ancien cadre du RN parti chez l’autre candidat d’extrême droite Éric Zemmour, Jean Messiha, qui lui reprochait ces photos. «Qu’est-ce que tu lui aurais fait, toi? Tu lui aurais arraché son voile? Tu l’aurais maltraitée?» avait-elle répondu, désireuse de lui «faire comprendre l’humanité».

(AFP)

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