Pénurie de médecins : une prime de 50.000 euros proposée pour exercer en Nouvelle-Calédonie

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Confrontée à un manque cruel de professionnels de santé, la Nouvelle-Calédonie propose 50.000 euros de prime d’installation aux médecins libéraux qui poseraient leurs valises dans la Province Sud de l’archipel, situé à 17.000 kilomètres de l’Hexagone. En retour, les médecins doivent s’engager à y travailler pendant trois ans.

Pour la première fois de son histoire, la Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique-Sud, voit sa population baisser, notamment en raison des départs dus à l’instabilité institutionnelle et à la crise du Covid. La main d’œuvre manque, l’île se transforme en désert médical et la pénurie de médecins est jugée « dangereuse » dans les médias locaux. Face à cette situation, la région la plus peuplée, la Province Sud, sort le grand jeu et lance un dispositif pour attirer les jeunes médecins. Elle leur propose une prime d’installation de 50.000 euros.

Une vidéo digne d’une promotion touristique
Une vidéo digne d’une promotion touristique sera diffusée dans les prochaines semaines aux jeunes diplômés en médecine de métropole. « Avec ses températures douces et chaudes toute l’année, le territoire jouit d’un climat tropical », vante la voix-off. Les images défilent : le lagon turquoise, des bancs de dauphins, les coraux multicolores des fonds marins…, accompagnés de témoignages de jeunes médecins installés sur l’archipel.

« Je suis arrivée pour six mois, et puis ça fait cinq ans que je suis là ! », affirme l’une d’elles dans la vidéo.

Une prime versée en trois fois
Au total, 6 millions de francs Pacifique, l’équivalent de 50.000 euros de prime, seront versés à ceux qui viendront s’installer en libéral. Cette prime sera versée en trois fois : à l’installation, à 18 mois puis à 36 mois. De quoi couvrir largement les frais d’installation, promet Nicolas Pannier, le secrétaire général de la Province Sud en Nouvelle-Calédonie. On y compte un médecin généraliste pour 2.000 habitants, soit trois fois moins que la moyenne nationale.

« L’idée, c’est aussi de rentrer dans une logique un peu incitative », avoue-t-il au micro d’Europe 1. « On a connu une crise du Covid un peu particulière, comme nous sommes une île, on a fermé le territoire pendant plus de 18 mois. On a été un peu enfermés », raconte le secrétaire général, qui assure que « certains professionnels de métropole ont été éloignés de leur famille. Donc, ils ont ressenti le besoin de rentrer en métropole. C’est pourquoi on veut de nouveau attirer de nouveaux médecins ».

S’engager à travailler trois ans en Province Sud
Le médecin doit s’engager à travailler trois ans en Province Sud, dans les zones en tension, au moins 32 heures par semaine et participer aux tours de garde. Nicolas Pannier espère que le dispositif sera adopté en Province Nord, où seuls huit postes de médecins sur 30 sont pourvus.

Une prime similaire est proposée dans les territoires les moins couverts de l’Hexagone depuis 2016. Les résultats en métropole ont toutefois été jugés « décevants » dans un rapport de la Dress, le service statistique des ministères sociaux.

Europe1

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