Plus de 10.000 migrants clandestins de nationalités africaines arrêtés en 2021 en Algérie (GN)

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Des experts dans le domaine de la migration et de la sécurité nationale ont mis en garde jeudi à Alger contre l’augmentation « continue », ces dernières années, du nombre de migrants clandestins arrivant en Algérie en provenance de certains pays africains.

A ce titre, le chef de service de la Police judiciaire relevant du Commandement de la Gendarmerie nationale (GN), le lieutenant colonel Sayeh Boussif a fait savoir que l’Algérie avait recensé plus de 10.000 immigrants clandestins de nationalités africaines arrêtés en 2021.

Dans une intervention sur « l’approche criminelle et opérationnelle sur le trafic d’immigrants et sa relations avec la criminalité transfrontalière », au deuxième jour des travaux de la journée d’étude sur « l’immigration clandestine en Algérie: problématique et enjeux », organisé par l’Institut national des études de stratégies globales (INESG) au niveau de l’Ecole nationale d’administration (ENA), M. Boussif a précisé que le phénomène de l’immigration clandestine des Africains à destination de l’Algérie connaissait une hausse continue depuis 2016″.

Il a en outre indiqué qu’en 2021, leur nombre « a doublé », notamment après l’allègement des mesures de précaution prises en raison de la pandémie du Coronavirus (Covid-19), passant à 10.889 immigrants clandestins de différentes nationalités africaines contre 5825 arrêtés en 2020.

Selon le même responsable, les services de la GN ont pu durant la période allant de 2018 à 2020 démanteler 445 réseaux de trafic d’immigrants de différentes nationalités, composé de 1285 criminels.

A cette occasion, le lieutenant colonel a mis en garde contre la relation existante entre l’immigration clandestine des Africains et le crime organisé et les organisations terroristes, notamment en termes de financement, et a souligné que « chaque réseau de trafic d’immigrants africains possède un système de financement spécifique », précisant que ces réseaux « exploitent » les personnes souffrant des conditions sociales « difficiles » pour transporter les immigrants africains vers les régions du nord du pays, puis vers l’Espagne.

Pour lutter contre ce phénomène, le responsable a insisté sur l’impératif de coordonner le travail entre les différentes autorités sécuritaires, proposant la création d’un observatoire national de lutte contre l’immigration clandestine et l’intensification des efforts au plan international pour lutter contre ce phénomène.

Lors du débat, des experts ont soulevé des problématiques liées au phénomène d’immigration clandestine notamment en ce qui concerne la prise en charge des immigrés africains dans les centres de transit et leur rapatriement dans leurs pays d’origine.

Hassan Kacimi, expert dans les affaires de l’immigration et des questions sécuritaires au Sahel africain a salué les mesures opérationnelles menées par les autorités sécuritaires, soulignant la nécessité de prendre en considération l’aspect humain, vu le grand nombre des immigrés africains qui entrent en Algérie par les frontières du sud.

« L’Algérie ne peut faire face seule à ce phénomène », a-t-il dit, appelant l’ONU à apporter une aide économique aux pays africains dans le cadre du programme de développement durable.

De son côté, Mizat Mohamed Saïb, expert en sociologie au Centre de recherche en économie appliquée pour le développeement (CREAD) a appelé à coordonner le travail entre les différentes autorités sécuritaires, appelant à « prendre en charge les enfants en détresse morale, particulièrement les adolescents africains qui sont exploités par des réseaux criminels dans la mendicité », ce qui nécessite leur rapatriement vers leurs pays d’origine.

Naila Benrahal / elmoudjahid

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