Pouvoir d’achat : La hausse des prix va-t-elle durer longtemps ?

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Kamel Benelkadi / Elwatan-dz.

Les prix des fruits et légumes ont enregistré une flambée vertigineuse au niveau de plusieurs marchés à la veille et pendant les deux jours de l’Aïd. La pomme de terre a atteint les 150 DA, les oranges jusqu’à 300 DA, 3 boîtes de thon entre 270 et 300 DA et même l’huile Elio a augmenté de quelques dinars. Les prix varient légèrement entre quartiers populaires et quartiers huppés et entre les grandes surfaces et la supérette du coin. 

Alors que les Algériens s’attendaient à «des mesures d’urgence» des pouvoirs publics, ils assistent, impuissants, à la chute de leur pouvoir d’achat. Confrontée à la peur du déclassement social, la classe moyenne est plus que jamais ébranlée par la crise. Tous vivent aujourd’hui avec le sentiment que leurs efforts ne leur permettent plus de s’élever dans la société. Chacun développe des stratégies personnelles pour s’en sortir. Sans être véritablement préparée à cette situation, une frange de la population a appris à ses dépens à «vivre au jour le jour», ne sachant pas de quoi sera fait demain. Face au choc inflationniste, les familles modestes sont en première ligne. Même les mouvements de grèves enclenchés récemment pour des revendications salariales et qui se voulaient être avant tout un signal d’alarme du front social n’ont pu inverser la tendance. De nombreux commerçants déclarent que les prix élevés sont enregistrés d’abord au niveau des marchés de gros. 

Comme à leur habitude, les raisons de cette hausse sont notamment justifiées par les conditions climatiques, ainsi que la forte demande exprimée en pareille occasion, les marchés étant approvisionnés en quantités limitées. Ce qui crée automatiquement un déséquilibre entre l’offre et la demande et contribue, selon eux, à une hausse des prix des légumes et des fruits. C’est désormais un rituel commercial…

Les citoyens pointent du doigt la cupidité et le gain facile des commerçants et l’incapacité de l’Etat à contrôler les prix ou du moins réguler le marché, malgré les multiples promesses du ministre du Commerce Kamel Rezig. 

La hausse des prix de divers produits a commencé en réalité avec l’avènement du mois de Ramadhan, les Algériens ont constaté des prix qualifiés de «choquants» ! Les experts économiques confirment qu’ils ont augmenté de 100% pendant cette période. La hausse des prix est due, selon la même source, à l’absence de plans nationaux de production et de développement agricole dans un contexte de réduction des importations, ainsi qu’à la spéculation des commerçants et importateurs et au monopole des réseaux de stockage et de réfrigération. Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce), avait estimé lors de diverses occasions que «les hausses de prix ne sont pas soumises à des contrôles et n’ont aucune explication rationnelle». 

Bien que les prévisions de la loi de finances pour l’année en cours confirment que le niveau d’inflation ne dépassera pas 3,7% en 2022 et 2023, les experts mettent en garde contre une forte hausse de cet indicateur économique au cas où les augmentations des prix ne seraient pas maîtrisées. La cherté des produits de large consommation est la résultante de plusieurs facteurs dont certains sont liés au contexte international, tels que le coût élevé des chaînes d’approvisionnement, le coût élevé des marchandises dans les pays producteurs, la hausse des assurances maritimes et des prix d’expédition, en plus des raisons internes liées à la contraction de la production et à la hausse de la demande intérieure. 

L’explosion du coût du fret maritime accentue l’inflation. Elle a incontestablement un impact considérable sur le pouvoir d’achat et même sur la cohésion sociale, et il devient urgent de travailler au niveau gouvernemental sur les problèmes budgétaires et surtout limiter le taux de chômage. Défini comme la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acquérir, le pouvoir d’achat dépend de deux variables : les entrées d’argent et les niveaux de prix. 

Le coût de la vie est de plus en plus difficile à supporter, surtout si on tient compte des dépenses liées à l’apparition de biens et services qui n’existaient pas auparavant : c’est aujourd’hui la norme d’avoir un téléphone portable et le forfait associé, un ordinateur avec une connexion internet haut débit, un téléviseur, ce qui n’était pas le cas il y a 30 ans. 

Kamel Benelkadi / Elwatan-dz.

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