PROJETS D’INVESTISSEMENT ET RELANCE DE L’INDUSTRIE Pourquoi ça bloque

0
359

Par Meziane RABHI / liberte-algerie

Le président de la République s’est montré, hier, très critique à l’encontre des comportements bureaucratiques à l’origine des blocages des projets d’investissement. “Ce sont des comportements anti-nationaux”, a-t-il lancé à l’ouverture de la conférence nationale sur la relance industrielle. 

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est montré, hier, très critique à l’encontre des comportements bureaucratiques à l’origine des blocages de plusieurs projets d’investissements. “Ce sont des comportements antinationaux”, a-t-il lancé à l’ouverture de la conférence nationale sur la relance industrielle. Le chef de l’État a fait état de la levée des blocages pour 57 projets d’investissement sur les 402 recensés, “en un laps de temps très court”. 

Ce qui, a-t-il indiqué, suscite des interrogations sur “les véritables raisons derrière ces blocages”. Abdelmadjid Tebboune a qualifié de “futiles” les raisons du blocage de certains projets, citant l’exemple d’une usine bloquée “parce que la surface sur laquelle elle a été construite a été dépassée d’un mètre ou deux”.  

Ces arguments, a-t-il estimé, constituent “un crime contre l’économie nationale”. Pour le président de la République, qui a fait référence à la pratique de paiement de pots-de-vin, “les choses sont claires. C’est un blocage de la relance économique. L’objectif est de créer le maximum de problèmes pour pousser les gens à sortir dans la rue”.

Abdelmadjid Tebboune a invité les investisseurs victimes de blocages à se rapprocher du médiateur de la République. Le chef de l’État a, par ailleurs, fait état de la levée du gel sur 581 demandes des avantages à fin novembre dernier.

Pour rappel, le ministère de l’Industrie a, récemment, évoqué 1 500 demandes d’avantages gelées au niveau de l’Andi. “La réalisation de ces projets pourrait générer 75 000 postes d’emploi”, a fait remarquer Abdelmadjid Tebboune, annonçant la création de l’Agence nationale du foncier industriel, qui devrait être opérationnelle dès l’année prochaine.

Selon des chefs d’entreprise, aucun dossier d’investissement industriel n’a été étudié pendant plus d’une année, en raison du gel de l’activité du Comité d’assistance à la localisation et à la promotion des investissements et de la régulation du foncier (Calpiref). 

L’Agence nationale du foncier industriel, a expliqué le président de la République, procédera à l’achat des assiettes foncières destinées à l’investissement relevant des zones industrielles. En revanche, les zones d’activité resteront sous la tutelle de l’administration locale.

“Le bon responsable est celui qui facilite le développement local et non celui qui cherche des prétextes pour ne pas signer des autorisations prévues par la loi”, a indiqué Abdelmadjid Tebboune, rappelant son instruction portant sur “la protection des responsables locaux”, adressée, entre autres, au ministre de la Justice et aux différents services de sécurité.

Dans cette instruction, le chef de l’État avait insisté sur la nécessité de faire la distinction entre les actes de gestion qui relèvent de la mauvaise appréciation et ceux qui découlent de malversations intentionnelles visant à servir des intérêts personnels. 

Force est de constater que la peur qui pèse lourdement sur les fonctionnaires locaux et nationaux a conduit à une quasi-paralysie de l’administration publique et, par ricochet, à immobiliser l’activité économique et à tuer l’initiative entrepreneuriale.

“Ce sont ceux qui ont volé qui vont à El-Harrach. Celui qui n’a pas volé, personne ne le touchera et nous sommes là pour protéger les cadres”, a assuré le chef de l’État, indiquant que l’année 2022 sera consacrée à l’économie. “Après le parachèvement de l’édifice constitutionnel et institutionnel, 2022 sera exclusivement consacrée à l’économie”, a-t-il affirmé.

Le président de la République a évoqué la nécessité d’augmenter la contribution de l’industrie au produit intérieur brut (PIB) de 10 à 15%. Aujourd’hui, a-t-il regretté, la part de l’industrie dans le PIB ne dépasse pas 5 à 6%. L’augmentation de la contribution du secteur industriel à la formation du PIB “réduira les importations industrielles”, estime Abdelmadjid Tebboune. 

Prônant le patriotisme économique, il insiste sur l’obligation d’appliquer “rigoureusement” les instructions liées à l’interdiction d’importer des produits fabriqués localement. Le président de la République a appelé à ouvrir “une nouvelle page entre les investisseurs et l’administration et bâtir une relation de confiance”.

Pour certains experts, les “injonctions intempestives” du politique, dans la sphère économique, sont un obstacle qui continue de faire le lit de la bureaucratie et qui contrarie les transformations dans des domaines aussi importants que ceux touchant au système financier et bancaire, au système fiscal, à la gestion du secteur public et au soutien à l’investissement.

Par Meziane RABHI / liberte-algerie

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here