Ramadhan à Sidi Bel-Abbes: « L’ouziâa », un héritage séculaire dans la région de Marhoum

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SIDI BEL-ABBES – Les habitants de la région de Merhoum, dans le sud de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, maintiennent toujours la pratique de « l’ouziâa », un héritage séculaire propre aux habitants de la région reflétant une des manifestations de la solidarité et d’entraide durant le mois sacré de Ramadhan.

Les habitants de cette région, à vocation pastorale, tiennent à faire revivre cet héritage durant ce mois sacré à travers la tradition de « l’ouziâa » qui prend ses racines dans les traditions de la région, notamment celles reflétant le sens de solidarité et d’entraide durant le mois de jeûne.

« L’ouziâa » un tradition héritée de génération en génération à Marhoum, tire son nom de la distribution de quartiers de viande équitablement entre les familles après l’abattage collectif de bétail (ovins, bovins et caprins).

Selon Cheikh Amar, un des notables de la région, dix à quinze familles participent généralement à « l’ouziâa » en se mutualisant pour l’achat du bétail puis participent à son abattage et au découpe, avant de se partager la viande, sans omettre de destiner une partie aux familles démunies.

Pour Cheikh Amar, « l’ouziâa » est la solution la plus appropriée et la plus indiquée au vu de l’augmentation des prix des viandes rouges, à l’instar de la viande d’agneau.

Cette pratique, durant le mois de Ramadhan, est une des traditions bénies pour fournir la viande à tous, sans exception, a-t-il ajouté.

Chaque famille participe à hauteur de 1.000 dinars, pour recevoir une part de viande comprise entre 2 et 3 kilos, selon le même interlocuteur, notant que les habitants de cette région préfèrent de loin cette manière de s’approvisionner en viande, a savoir la distribution car ils supervisent eux-mêmes la sélection et l’abattage du bétail, et profitent aussi des têtes et des abats pour préparer certains plats traditionnels pendant le mois sacré.

Pour sa part, M. Salah, chef de famille, a souligné le fait que « l’ouziâa » est une manifestation de solidarité entre parents et voisins, car elle permet à ses participants de partager équitablement la viande entre eux quel que soit le montant qu’ils ont versé selon leurs moyens.

Pour appuyer ses dires, il a noté qu’il avait participé cette année avec une somme de 900 dinars et a reçu une part d’environ 3 kg de viande ovine.

Il a expliqué que « chaque personne participe selon ses capacités. Cependant, nous tenons à répartir équitablement les rations de viande, et nous consacrons également une ration aux familles nécessiteuses afin de préserver cette coutume qui rassemble les gens pour faire le bien et l’aumône pendant le mois sacré ».

« L’ouziâa » représente également une opportunité pour offrir des plats traditionnels préparés à partir de cette viande, car les femmes de la région de Marhoum ont à cœur de concocter les plats traditionnels les plus délicieux afin de les échanger entre elles, en plus de les offrir aux voyageurs et aux nécessiteux à l’heure de la rupture du jeûne.

A ce propos, Hadja Fatma indique que « l’ouziâa » n’est pas seulement organisée pour manger, mais surtout pour la « baraka » et la charité durant ces jours bénis. « Une part de tous les plats de la viande de l’ouziâa que nous préparons est destinée aux offrandes », a-t-elle soutenu.

Hadja Fatma a relevé qu’au moment où les hommes se réunissent pour l’abattage et la découpe de la viande, les femmes aussi se regroupent pour laver les abats et la préparation des plats traditionnels, dont le couscous, le gras double (douara) et la tête ovine ou bovine (bouzelouf) que les familles réunies consomment après la rupture du jeûne, dans une ambiance de fraternité.

APS

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