RAMTANE LAMAMRA EXPLIQUE LES RELATIONS ENTRE ALGER ET PARIS “Elles sont dans une phase ascendante”

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Le ministre  des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a confirmé, dans une interview accordée à France24 et à RFI, que  les  relations algéro-françaises sont dans une “phase ascendante”. 

Ali BOUKHLEF / liberte-algerie

Pour le  chef  de  la  diplomatie  algérienne, l’évolution des relations entre l’Algérie et la France évoluent positivement.  Nous  sommes donc loin des frictions nées des déclarations, en octobre dernier, du chef de l’État français, Emmanuel Macron. La période de friction provoquée par les propos du président français semble être dépassée. Après l’appel téléphonique échangé entre les deux chefs d’État, le 29 janvier dernier, “nous sommes dans une phase ascendante et nous espérons que ça ira de mieux en mieux”, a estimé Ramtane Lamamra qui ajoute que les deux chefs d’État avaient “une excellente relation personnelle”, “cordiale et confiante”, mais “cela ne suffit pas à masquer certains problèmes”.

Cette amélioration des relations bilatérales ne signifie pas la fin des raisons qui ont conduit à ces malentendus. Le ministre des Affaires étrangères a évoqué “des atteintes à la mémoire, à l’histoire et à la dignité de nos compatriotes”. Tout en insistant sur la nécessité de laisser “l’Histoire (…) aux historiens et l’appropriation par chacun des peuples de son Histoire doit se faire sans acrimonie et sans accusations pas forcément avérées”, Ramtane Lamamra a souhaité que l’Algérie puisse récupérer “des archives”, “et même quelques crânes de héros de la résistance algérienne contre l’invasion française”, dont “on se demande si c’est vraiment humain de les garder dans des musées”.

Parmi les problèmes qui empoisonnent les relations algéro-françaises, la question de la réadmission des ressortissants algériens en situation irrégulière occupe toujours une place importante. Ramtane Lamamra a ainsi affirmé qu’il est “faux de dire” que l’Algérie “refuse d’accueillir ses citoyens”. “Dans la discussion avec les autorités françaises, nous veillons à ce qu’il n’y ait pas de charter et à ce que les gens bénéficient des recours possibles devant les autorités françaises avant la reconduction aux frontières. Et en cela, les autorités algériennes veillent, véritablement, à ce que ces accords algéro-français soient exécutés, mais de manière convenable”, a-t-il indiqué. Il a ajouté que “lorsque certains annoncent publiquement qu’il faut faire du chiffre, c’est clair qu’il y a abus”.

Malgré ces éléments de blocage, le ministre des Affaires étrangères a donné des signes d’un dénouement dans les relations entre l’Algérie et la France. Il a ainsi évoqué un possible retour à l’autorisation du survol par des avions militaires français de l’espace aérien algérien pour aller au Mali. Pour Lamamra, il s’agit d’une “mesure technique qui n’a pas vocation à durer éternellement”, dans un moment où “des ponts de la coopération algéro-française sont en train de se remettre en place”. 

Parmi les champs de coopération dans lesquels se sont engagés les deux pays, la gestion de la crise malienne occupe une place importante. En plus d’être le pays qui pilote le processus d’application des Accords d’Alger, l’Algérie tente une médiation entre le Mali et la Communauté des pays de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Il a souligné que “tant que les efforts algériens seront en cours, cela aura un effet suspensif sur l’application des sanctions” de la Cédéao. “Nous attendons que le gouvernement malien et les instances de la Cédéao nous disent s’ils sont disposés à négocier”, a-t-il dit.

“Pas de guerre avec le Maroc…”
Interrogé sur les relations algéro-marocaines, le chef de la diplomatie algérienne a écarté l’hypothèse d’une guerre entre les deux pays. “Il y a des problèmes dans la région, et la solution n’est pas dans la fuite en avant, comme celle qui consiste à inviter des dirigeants israéliens à nos frontières pour menacer l’Algérie à partir du territoire marocain”, a répondu le chef de la diplomatie algérienne. Mais cela ne conduit pas l’Algérie à faire la guerre. “(…) rassurez-vous : l’Algérie ne fera la guerre qu’en légitime défense. L’Algérie a trop connu les affres de la guerre coloniale pour souhaiter s’engager dans une confrontation armée avec un pays voisin”, a-t-il tranché, tout en accusant les Marocains de chercher le conflit. “Il faut se demander si ceux qui développent des coopérations militaires avec des puissances militaires étrangères qui n’ont rien à voir avec la région nord-africaine ne sont pas ceux qui parient sur le pire”, a-t-il indiqué. 

Interrogé sur la course à l’armement entre l’Algérie et son voisin marocain, Ramtane Lamamra a répondu que le Maroc tente “d’intimider” l’Algérie en achetant des armements sophistiqués chez Israël. Interrogé sur la “suprématie militaire marocaine”, Lamamra répond : “Je pense que c’est le calcul qui est fait du côté de Rabat, malheureusement. Mais il y a beaucoup de calculs erronés et c’est sous-estimer l’Algérie, le peuple algérien et l’histoire de l’Algérie que de croire que de telles gesticulations pourraient nous impressionner, encore moins nous intimider.” Il a également refusé de regarder l’ouverture de consulats étrangers, notamment arabes, dans les territoires du Sahara occidental, comme une “défaite diplomatique” pour notre pays. “La souveraineté appartient au peuple du Sahara occidental. Ce n’est pas un consulat qui peut la donner. Cela reste un geste de propagande”, a-t-il ajouté.

Ali BOUKHLEF / liberte-algerie

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