Relations entre l’Algérie et la Tunisie Un partenariat qui dérange

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Depuis les législatives et la présidentielle de fin 2019, la Tunisie est dans une phase d’incertitude politique, avec de multiples tensions sociales que les données économiques contribuent à aggraver. Le 25 juillet 2021, le président Kaïs Saïed a surpris tout son monde en gelant le Parlement et en renvoyant le gouvernement Mechichi, puis il a engagé, à pas de charge, la transformation du système politique tunisien dont un référendum, prévu le 25 juillet prochain, vise à instaurer un régime présidentiel. La classe politique, dans sa grande majorité, conteste un «coup d’État» et la «mise en danger de la démocratie», telle qu’elle a résulté des évènements du Printemps arabe, en 2011.

Désormais, le paysage politique est déchiré, nombre de formations se rangeant dans une opposition radicale, alors que la société civile ne cache pas son désarroi et sa peur d’un retour «aux jours sombres de la dictature». Depuis qu’il a dissous l’ARP (Parlement) et pris «les pleins pouvoirs», le président tunisien a engagé une politique qui met le pays dans une situation difficile alors que les négociations avec le FMI pour renflouer les caisses voient l’État dans une crise endémique. Les fortes manifestations qui se succèdent à Tunis et dans d’autres villes illustrent les risques de dérapages et le danger auquel est confrontée la démocratie tunisienne.


C’est dans ce contexte que le président Abdelmadjid Tebboune a déclaré, le 26 mai dernier, lors de la conférence de presse avec son homologue italien, la disponibilité de l’Algérie à «aider la Tunisie à sortir de la situation difficile dans laquelle elle a sombré et à retourner sur la voie démocratique». Il n’en fallait pas plus pour qu’une véritable levée de boucliers s’opère et que des institutions, des hommes politiques et des médias crient au scandale. Et pourtant. Le but évident de cette petite phrase qui n’est pas passée inaperçue n’est rien d’autre qu’une main tendue, sans calcul ni visée, au peuple frère dont la situation est de plus en plus préoccupante. L’Algérie s’est toujours efforcée d’apporter un soutien permanent à la Tunisie, de manière inconditionnelle et tributaire des liens de fraternité et de solidarité scellés par le combat commun contre le colonialisme.

Que les barons de certains médias embrigadés et huilés par le Makhzen contribuent à jeter de l’huile sur le feu en présentant une toute autre lecture, c’est une chose évidente. Rien ne ferait plus plaisir au royaume marocain que de voir la Tunisie plier le genou devant son «allié» sioniste. Mais quand on connaît le peuple tunisien, on sait que tel ne sera pas le cas, quand bien même la crise serait extrême. Balayant les dires autour d’un prétendu malentendu sur le gaz, la ministre tunisienne de l’Énergie a trouvé, voici quelques jours à peine, matière à rassurer le peuple frère sur les constantes de la position algérienne, d’autant que l’embellie des échanges avec l’Italie va lui profiter également. Alors, de quoi s’agit-il vraiment et pourquoi cette vaine agitation? La vraie question concerne l’exigence de stabilité et de sécurité dont a besoin la Tunisie, en ces temps de grande turbulence internationale.

C’et le souci majeur de l’Algérie et c’est ce qu’a exprimé le président Tebboune, en proposant le soutien résolu de notre pays. Il n’y a, et il ne peut y avoir, d’autre interprétation sinon la volonté de saper une sérénité dérangeante et de nuire aux deux peuples dont les liens sont, et resteront toujours, indéfectibles.

lexpressiondz / Chaabane BENSACI

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