Réparation des Harkis: le projet de loi est adopté par le Parlement français

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Le projet de loi de réparation des préjudices subis par les harkis, récemment adopté par le Sénat français, a été définitivement voté ce mardi 15 février lors d’un ultime vote.

Le Parlement français a adopté définitivement mardi, par un ultime vote très large du Sénat, un projet de loi pour demander « pardon » et tenter de « réparer » les préjudices subis par les harkis et leurs familles, selon Ouest France.

Soixante ans après la fin de la Guerre d’Algérie, ce texte se veut la traduction législative d’un discours du président Emmanuel Macron, qui avait demandé «pardon» a ces Algériens ayant combattu aux côtés de l’armée française, mais qui furent» abandonnés » par la France.

Une reconnaissance des conditions « indignes »

Ce texte est « celui de la reconnaissance par la Nation d’une profonde déchirure et d’une tragédie française, d’une page sombre de notre Histoire », avait souligné la ministre chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants Geneviève Darrieussecq, lors de l’adoption du texte a l’Assemblée fin janvier.

Pour la rapporteure Marie-Pierre Richer (LR), s’il « comporte des avancées importantes », le projet de loi « a un goût d’inachevé ».

Le texte reconnaît « les conditions indignes de l’accueil » réservé aux 90 000 harkis et a leurs familles, qui ont fui l’Algérie après l’Indépendance recouverte le 5 Juillet 1962.

A trois mois de la présidentielle, le Sénat français a adopté, mardi 25 janvier au soir, un projet de loi visant a demander « pardon » aux harkis et a mettre en place une politique de réparation.

Après l’Assemblée nationale française qui avait déja adopté le projet de loi, c’est au tour du Sénat du voter pour ce texte de loi.

Ce texte est « celui de la reconnaissance par la nation d’une profonde déchirure et d’une tragédie française, d’une page sombre de notre Histoire », a souligné la ministre chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants, Geneviève Darrieussecq. Pour la rapporteuse Marie-Pierre Richer (LR), s’il « comporte des avancées importantes », le projet de loi « a un goût d’inachevé ».

Le texte reconnaît « les conditions indignes de l’accueil » réservé aux 90 000 harkis [ayant opté pour combattre aux côté de l’occupant français et contre l’Algérie] et a leurs familles, qui ont fui l’Algérie après l’indépendance, a rapporté ce mercredi Le Point. Près de la moitié d’entre eux ont été relégués dans des camps et des « hameaux de forestage ». « Ces lieux furent des lieux de bannissement, qui ont meurtri, traumatisé et parfois tué », a affirmé la ministre.

Pour ceux-ci, le projet de loi prévoit « réparation » du préjudice avec, a la clé, une somme forfaitaire tenant compte de la durée du séjour dans ces structures. Le nombre de bénéficiaires potentiels est estimé par le gouvernement a 50 000, pour un coût global de 302 millions d’euros sur environ six ans. Les sénateurs ont précisé le texte pour intégrer « certaines prisons reconverties en lieux d’accueil pour rapatriés » dans la liste des structures éligibles au mécanisme de réparation.

Dispositif « partiel et partial »

Mais les déceptions se sont cristallisées sur les quelque 40 000 rapatriés qui n’ont pas séjourné dans ces structures, mais dans des « cités urbaines », exclus de la réparation. « Leur seul tort est de ne pas avoir vécu entourés de barbelés », s’est insurgé Philippe Tabarot (LR), fustigeant un mécanisme de réparation « a la fois partiel et partial ».

Le Sénat a adopté successivement deux amendements visant a élargir les prérogatives de la Commission de reconnaissance et de réparation que crée le projet de loi. Celui du gouvernement tend a garantir « a tous les harkis combattants » un accès a cette commission, qui pourra examiner leurs situations individuelles et leur proposer « toute mesure de reconnaissance appropriée ».

Jusqu’a 200 000 harkis [ceux qui ont trahi l’Algérie en se rangeant du côté du colonisateur]avaient été recrutés comme auxiliaires de l’armée française pendant la Glorieuse Révolution algérienne entre 1954 et 1962. Une journée d’hommage de la nation leur est consacrée le 25 septembre, depuis un décret de 2003. Symboliquement, les députés ont inscrit cette date dans la loi. « Chaque année, la République vous entendra », a lancé la centriste Brigitte Devésa, a l’adresse des représentants d’associations de harkis présents dans les tribunes.

Macron: “la colonisation française est un crime contre l’humanité”

En déplacement a Alger, Emmanuel Macron –alors candidat a la présidentielle française- a déclaré a la télévision Echorouk News que “la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité.”

Une déclaration qui lui a valu de vives critiques de la part de la classe politique française et des harkis.

François Fillon a jugé “indigne”, tandis qu’Eric Ciotti a estimé que “Macron a commis une faute politique et historique grave”…

Sauf que celui qui a reconnu quelques années plus tôt que “la colonisation est un crime contre l’humanité”, a commis une erreur grave en se demandant si la Nation algérienne existait avant la colonisation française.

Des propos qui ont suscité une grogne et une vive colère en Algérie. D’ailleurs, l’Algérie a réagi sur le coup en rappelant son ambassadeur a Paris et en prenant un certain nombre de mesures, comme l’interdiction de survol de son espace par les avions militaires français.

Après cette provocation de trop, des voix se sont de nouveau élevées pour sortir du terroir le projet de loi criminalisant le colonialisme et qu’il n’est toujours pas adopté a ce jour.

Echoroukonline

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