Rien n’arrête l’hémorragie : Plus de 1200 médecins algériens vont s’exiler en France

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Par Lynda Louifi / jeune-independant

Le débat sur l’exode des médecins algériens vers l’étranger est de retour. Plus de 1 200 médecins ayant réussi le concours d’équivalence des compétences EVC sont sur le point de quitter le pays vers les hôpitaux français. C’est une véritable hémorragie, déplorent les acteurs du secteur de la santé.

En plus de tous les problèmes dont souffre le secteur sanitaire en Algérie, celui de l’exode des médecins constitue l’un des plus importants. L’Algérie est, en effet, connue pour être un pays qui «exporte» massivement ses médecins. Chaque année, ils sont des centaines, voire des milliers, à quitter le pays pour aller servir sous d’autres cieux. Ceux qui restent en Algérie exercent dans des conditions difficiles, selon les témoignages de plusieurs acteurs du secteur.

Sur sa page officielle Facebook, le président du Syndicat national des professionnels de la santé publique (SNPSP), le Dr Lyès Merabet, a annoncé ce samedi, avec regret, la réussite de plus de 1 200 médecins algériens à l’examen de l’équivalence appelé également épreuves de vérification des compétences (EVC). Ces derniers, issus de diverses spécialités, s’apprêtent à partir exercer leur métier dans des hôpitaux de France. Cette nouvelle a fait le tour des différentes pages Facebook spécialisées dans le domaine de la santé qui s’intéressent à tout ce qui concerne les médecins algériens.

La page Doctors ou Médecins, qui a félicité les médecins lauréats, a expliqué, dans un post publié hier, que cet examen est l’une des principales portes d’accès à l’exercice de la profession de médecin en France. A cet examen organisé périodiquement participe tout médecin titulaire d’un diplôme d’études médicales hors Union européenne, quel que soit le pays (les médecins faisant partie de l’Union européenne sont acceptés directement). 

Selon la publication de la page, des milliers de médecins d’environ 24 pays hors Union européenne ont participé à cette épreuve, et environ 2 000 médecins l’ont décroché, dont plus de 1 200 de nationalité algérienne, suivis de médecins tunisiens et marocains.  

Dans l’espace destiné aux candidats, le site du concours français a publié les résultats de l’examen le 4 février et a indiqué que plus de détails sur le concours et sur les résultats seront disponibles le samedi 5 février à 13 h, heure française. 

Contacté par le Jeune Indépendant, le Dr Zahia Slimani, spécialiste en médecine interne à l’hôpital de Rouiba, semblait ne pas être étonnée de  voir un tel nombre de médecins algériens quitter l’Algérie, expliquant que «le praticien algérien travaille dans des conditions misérables et perçoit un salaire minable et honteux, qui est équivalent à celui d’un simple agent de sécurité dans une entreprise pétrolière». 

La spécialiste a indiqué que l’évolution de carrière des médecins va au rythme de «la tortue», tout en étant privé de prime de panier, de transport, en sus d’autres problèmes d’ordre professionnel. Le Dr Slimani a estimé que le secteur de la santé est le secteur le plus opprimé en Algérie. C’est pour cette raison, a-t-elle expliqué, que de plus en plus de médecins cherchent à s’installer sous d’autres cieux.

Il convient de signaler que la PAE veut dire procédure d’acquisition de l’équivalence en médecine est un examen ouvert aux médecins à diplôme étranger et qui ont déjà exercé en majorité comme infirmier ou FFI (faisant fonction d’interne). L’autorisation d’exercer est octroyée d’office dès la réussite aux épreuves du concours ainsi que La réussite à l’examen leur permettra d’obtenir après 3 ans l’autorisation d’exercer comme médecins. Ensuite, il faudra attendre encore quelques années pour être inscrit au conseil de l’ordre.

Toutefois, les médecins ne sont pas les plus nombreux à quitter l’Algérie. Le nombre d’ingénieurs algériens qui s’exilent est bien plus important. La majorité des diplômés de l’école Polytechnique d’El Harrach à Alger et de l’école supérieure d’informatique quitte le pays.

Par Lynda Louifi / jeune-independant

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