Seddik Zouaghi, producteur de l’huile Le sainfoin : «L’Etat doit nous accompagner pour exporter»

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Des hommes qui ont fait le pari de tout miser sur l’huile d’olive, il y en a beaucoup et Seddik Zouaghi en fait partie. Après avoir pris sa retraite de salarié des secteurs public et privé, Seddik Zouaghi s’est reconverti dans l’huile d’olive en reprenant la ferme familiale sise à El Kseur. «Nous avons été élevés dans la culture de l’olivier et c’est tout naturellement que je me suis reconverti dans l’oléiculture », dit-il.

Aux vieux oliviers aux troncs noueux, Seddik redonne une seconde jeunesse en les taillant puis il met en terre de jeunes plants vigoureux qu’il entoure de tous les soins. L’homme s’est fixé pour objectif de faire un produit de qualité irréprochable.

Pour cela, il ne veut dépendre de personne et décide de contrôler son produit à chaque étape de fabrication, du fruit sur l’arbre jusqu’au jus dans la bouteille. Il acquiert alors une petite unité de trituration des olives d’une capacité de 5 quintaux l’heure.

«C’est une station à deux phases et une extraction à froid. Je ne dispose même pas de chaudière. Certes, le rendement sur le plan quantitatif est modeste mais la qualité de l’huile en extra vierge est incomparable et pour être utilisée pour tout usage Le grignon sort humide et n’est donc pas polluant. Je le récupère et je le stocke pour pouvoir le réutiliser plus tard comme engrais», explique cet homme de 54 ans visiblement passionné par son sujet.

Pour avoir une huile d’olive de très bonne qualité, notre oléifacteur compte sur la variété locale et endémique dénommée «Taqesrit», réputée d’excellente qualité. Il sait qu’il faut cueillir les fruits délicatement au moment où les olives sont tournantes et qu’elles commencent à peine à mûrir. Ensuite, sans attendre, il faut les emmener directement au moulin.

«On obtient ainsi une huile extra vierge et de très haute qualité, très riche en polyphénols réputés antioxydants», explique encore Seddik. L’extraction à froid permets aussi de libérer et de préserver les arômes contenus dans les fruits et donne à l’huile des saveurs boisées ou fruitée selon le terroir, le stade de maturation du fruit et la variété triturée.

La production est, certes, encore modeste mais elle augmente chaque année à mesure que le verger prend de l’âge et que les jeunes sujets rentrent en production. «L’année passée, nous avons produit 3000 litres et cette année nous attendons le double.

Nous avons pu exporter vers la France des quantités certes minimes, mais c’est un premier pas, notre potentiel est immense et la demande sur une huile de qualité est très forte. Ce qui nous manque c’est l’accompagnement de l’Etat pour se faire connaître à l’international dans les salons et foires et arriver à exporter», plaide Seddik qui surveille d’un œil vigilant les ouvriers qui nettoient les machines.

Dénommé le Sainfoin, du nom de la plante qui pousse naturellement dans ses champs, son produit a déjà décroché une médaille d’or au prestigieux concours de l’Agence pour la valorisation des produits agricoles de Paris. «Mon objectif est de décrocher un prix au COI, le Conseil oléicole international de Mario Salinas, le plus prestigieux des concours des huiles vierge extra», dit-il.

Seddik a installé récemment une station météo sur son oliveraie et dont il se dit très satisfait. «Elle me donne des résultats très appréciables et satisfaisants. Elle me donne les alertes météo et permet de prévenir des maladies, comme la mouche de l’olive. Je conseille à tous les producteurs de l’installer dans leurs vergers», dit Seddik, qui précise qu’il reçoit également des rapports mensuels de l’état du sol et leur taux d’humidité afin de gérer au mieux l’irrigation des parcelles selon leurs besoins.

L’huile d’olive est comme le vin. Chaque terroir, chaque variété de fruit, chaque climat produit une huile aux saveurs uniques. Si des petits producteurs comme Seddik unissaient leurs efforts au sein de coopératives, ils arriveraient certainement à mieux s’organiser pour produire mieux et plus et pouvoir exporter.

«Il faut que l’Etat soit avec nous pour canaliser toute cette énergie, valoriser tout ce potentiel que l’on possède, toute cette quantité d’huile d’olive disponible dans notre pays pour pouvoir la placer à l’étranger comme font les Tunisiens ou les Marocains. Il faudrait qu’on se mette autour d’une table pour discuter de ce qu’il y a lieu de faire pour que cela devienne une rentrée de devises importante pour nous et pour le pays», conclut Seddik. 

Elwatan-dz / Djamel Alilat

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