“S’il te plaît, on ne se quitte pas” : le témoignage glaçant de Mohamed, un des survivants du naufrage de Calais

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Par Sarah / Alnas

Mohamed, 21 ans, d’origine kurde est l’un de deux rescapés du naufrage survenu la semaine dernière. Peu de temps après avoir pris la mer dans la soirée de mardi, le bateau pneumatique sur lequel Mohammed et 32 autres passagers avaient pris place commence à se dégonfler. Les migrants se retrouvent alors piégés en pleine mer.

« Il était 19 ou 20 heures, je ne me souviens plus. Nous étions 33 lorsqu’ils ont commencé à nous compter. Ils nous ont dit “Ceux qui ne veulent pas y aller, descendez”. Mais tout le monde a dit “on y va”», raconter Mohammed.

« Au début, l’eau a commencé à couler dans le bateau à l’arrière, près du moteur. On enlevait l’eau. On a vu un bateau, on s’est dit qu’on irait vers lui, mais d’autres ont dit non. Notre bateau doit atteindre le Royaume-Uni ce soir. » Au fil de la nuit, les bateaux autour d’eux disparaissent. Ils sont seuls et leur embarcation pneumatique se dégonfle. « Il y avait une pompe à bord. Certaines personnes ont commencé à le regonfler tandis que d’autres vidaient l’eau. »

Livrés à leur sort, les passagers se tiennent par la main pour ne pas sombrer, raconte encore Mohammed. Puis ils ont « perdu espoir », dit-il. Ils sont tombés à l’eau et ont renoncé à la vie.

« Les vagues ont commencé à nous pousser vers la France, et tout le monde est tombé dans l’eau, poursuit le jeune Kurde iranien. On s’est tenu la main pour ne pas se noyer. Celui qui me tenait la main me disait “s’il te plaît, on ne se quitte pas”… Puis il a fini par lâcher ma main, […] puis je ne l’ai plus revu. Je ne me souviens pas de son nom, mais il avait le même âge que moi. Je l’ai reconnu quand la police m’a montré sa photo», témoigne Mohamed.

Selon Mohammed, les Français et les Britanniques se sont renvoyés la balle inlassablement. Le jeune homme explique qu’ils ont d’abord appelé la police française mais après avoir indiqué leur position, on leur répond qu’ils sont dans les eaux britanniques. Les Français ne peuvent donc pas intervenir. Un autre passager appelle alors en Grande-Bretagne : on le renvoie vers la France, indique Europe 1. / Par Sarah / Alnas

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