SMS d’Éric Zemmour à des citoyens juifs : une enquête préliminaire a été ouverte

0
936

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris au sujet de la campagne de SMS lancée par le parti du candidat Éric Zemmour destinée à des Français juifs.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire mardi au sujet de la campagne de SMS lancée pendant le premier tour de la présidentielle par le parti d’Éric Zemmour, qui était destinée à des Français de confession juive. Cette enquête a été ouverte après la plainte de deux associations, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

Comme l’avait révélé BFMTV.com, il est reproché à l’équipe de campagne du candidat d’avoir « illégalement utilisé une base de données « qui, directement ou indirectement », fait « apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses » des personnes visées par la campagne de démarchage politique, sans leur consentement.

Une page supprimée depuis

L’équipe d’Éric Zemmour a confirmé à BFMTV être à l’origine de la campagne d’envoi « d’une dizaine de milliers de SMS », qui renvoyaient vers une page web du candidat intitulée « Message d’Eric Zemmour aux Français de confession juive. » Supprimée depuis, la page est restée en ligne entre le 8 et le 10 avril. Sa version archivée peut-être consultée à cette adresse.

L’entourage du candidat explique avoir fait appel à un courtier en données pour effectuer l’envoi des SMS, en lui demandant de viser des individus ayant communiqué leur numéro de téléphone à des organismes ou services traitant de la question de l’antisémitisme. Auprès de BFMTV, l’équipe d’Eric Zemmour a affirmé ne pas connaître l’identité de ces organismes.

Pour rappel, la loi française interdit le traitement de données personnelles à connotation religieuse, malgré de rares exceptions. Auprès de BFMTV, une dizaine d’électeurs de confession juive se sont émus d’avoir été ciblés en fonction de leur religion. Après avoir reçu des signalements à ce sujet, la CNIL a annoncé à BFMTV avoir ouvert une instruction dès le 9 avril.

En cas d’utilisation frauduleuse de données personnelles à caractère religieux, Éric Zemmour risquerait jusqu’à 20 millions d’euros d’amende administrative. Au pénal, il risquerait jusqu’à cinq ans de prison et 300.000 euros d’amende.

Jeanne Bulant avec AFP

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here