Stress hydrique en Algérie : Les experts préconisent une révision du prix de l’eau

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En plus du stress hydrique dû aux changements climatiques, la problématique de l’eau en Algérie prend de l’ampleur chaque année. Une situation critique qui a poussé des experts, venus des quatre coins du pays, à émettre plusieurs recommandations, dont l’augmentation du prix de l’eau.

Hier, à l’Institut national des études de stratégie globale (Inesg), des experts se sont penchés sur la situation critique que vit l’Algérie en matière de disponibilité de l’eau et l’impact des changements climatiques sur la pluviométrie. La journée thématique avait comme objectif majeur d’amorcer des initiatives de résolution des problèmes et surtout aboutir à mettre en place une stratégie et une vision à l’horizon 2025/2030. Plusieurs thématiques ont été traitées, entre autres la législation, le dessalement de l’eau de mer, le traitement et la réutilisation des eaux usées, les inondations, la tarification de l’eau et les innovations scientifiques, technologiques et managériales. 

«Aujourd’hui, nous devons adopter une nouvelle vision stratégique de l’eau en Algérie. Les solutions existent et sont nombreuses. Nous devons juste utiliser les innombrables capacités de l’Algérie pour surmonter cette crise. Je l’appelle crise parce que nous sommes en deçà des moyennes mondiales en termes d’accès à l’eau potable. Les chiffres officiels font état de 120  m3 par personne annuellement, alors que les normes dépassent les 600 m3», déclare le Pr Ahmed Khettab, consultant et expert international en eau et environnement.

Pour faire face à cette crise de l’eau, plusieurs solutions ont été proposées. Les experts, dont M. Khettab, sont pour la une nouvelle loi sur l’eau comprenant une stratégie quinquennale avec un budget conséquent. Ils ont également recommandé la création d’un conseil national de la sécurité hydrique et d’une autorité de régulation des services de l’eau en passant par une restructuration de l’organigramme du ministère des Ressources en eau. Une meilleure gestion des réseaux d’eau potable est un passage obligatoire afin de réduire les pertes qui avoisinent les 40 à 50%. «Le prix de l’eau doit impérativement être revu. Nous devons imposer plusieurs tarifs avec des paramètres à respecter. Des tarifs solidaires en accordant gratuitement les premiers 9 m3 par trimestre. A partir de 21 m3, un tarif social doit être imposé. Le tarif confort doit être obligatoire pour les personnes morales ou physiques qui dépassent les 50 m3 par trimestre. L’équité doit être ainsi généralisée dans les tarifs et aussi dans la distribution de l’eau», souligne le Pr Khettab. Pour éviter la perte des eaux de pluie, les experts appellent à imposer une bâche à eau spéciale pour la collecte de cette eau dans l’attribution des permis de construire. Toujours dans le cadre de cette lutte, ils appellent à la généralisation des robinets intelligents et le lavage des voitures à sec.

Ils plaident également pour l’installation des systèmes de GPS de forages afin de parer à l’exploitation anarchique de cette ressource et le non-respect des débits alloués.

Asma Bersali / Elwatan-dz

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