Viandes rouges Une filière hors de contrôle?

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La spéculation engagée dans la filière par les intermédiaires dans leur course aux profits, se dessine dans le discours du ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a révélé que «les résultats préliminaires de l’opération de recensement général du cheptel à travers l’ensemble du territoire national seraient connus vers la fin décembre courant».
«Ces statistiques permettront», a-t-il poursuivi, «de constituer une base de données numériques et des informations exactes et détaillées sur le cheptel, outre l’établissement du nombre d’éleveurs en vue de pouvoir apporter le soutien à ceux qui le méritent véritablement». Le ministre a expliqué que «plusieurs mesures plus efficaces seront prises en vue de faire baisser les prix des viandes», sur la base des résultats de ladite opération de recensement. Henni a également affirmé que son secteur «s’attelait à réduire le nombre des intervenants de la chaîne de production et de commercialisation et à intensifier les efforts pour éradiquer la spéculation».


La hausse des prix de la viande rouge et blanche est selon le ministre «injustifiable compte tenu des capacités de production suffisantes, outre la garantie de bétail à des prix subventionnés ainsi que le soutien de l’Etat dans ce domaine». En fait, ce n’est pas la première fois que le ministre oriente son viseur droit vers les intermédiaires dont le nombre serait «important». Le ministre avait relevé octobre dernier «la nécessité de réduire le nombre d’intermédiaires en vue de maîtriser ces prix». Pas plus tard que jeudi dernier, le département de Henni a abordé un autre aspect lié à l’opacité de la filière. Le ministère de l’Agriculture avait mis en garde les éleveurs contre l’utilisation des céréales (blé dur et tendre) comme matière d’alimentation du bétail. «Après avoir enregistré plusieurs dépassements liés au détournement des céréales de leur usage initial, à savoir la consommation humaine, pour l’alimentation du bétail, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural informe tous les producteurs et éleveurs que ces dépassements et ces comportements illégaux entrent dans le cadre des affaires de monopole et de spéculation qui sont des pratiques punies par la loi n°15-21 relative à la lutte contre la spéculation illicite, à l’instar des autres produits stratégiques», selon un communiqué de la tutelle. Ce n’est pas la première fois que le ministère évoque ce genre de dépassements.


Certains éleveurs tentent de justifier ces pratiques interdites par la loi, par «la cherté des aliments de bétail». Ils se disent même dans l’incapacité de s’approvisionner en quantité nécessaire. «Le quintal d’orge, a atteint les 5 000 DA, la botte de foin est cédée à 3 000 DA», affirment les responsables de la Fédération nationale des éleveurs d’ovins qui avaient alerté, début 2022, les pouvoirs publics sur le risque de flambée des prix de la viande rouge. La sécheresse y est pour beaucoup, au même titre que la spéculation. «Les spéculateurs s’emparent d’importantes quantités pour les écouler par la suite sur le marché», dénonçait Salmi Bouzid, membre de ladite fédération.

lexpressiondz / Mohamed AMROUNI

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