Waâda annuelle de Sidi El Hasni Une mystique séculaire au cœur d’Oran

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L’espace d’une waâda, le saint Sidi El Hasni est ressuscité par ses fidèles disciples, à travers des louanges et des psalmodies mélodieuses en éloges à Dieu et à Son Prophète (Qsssl).

La grande waâda de Sidi El Hasni est de retour. Après deux années complètes d’interruption, à cause de la pandémie de la Covid-19, la célèbre waâda de l’Ouest algérien et de la ville d’Oran reprend ses droits. Prévue du 21 au 23 juillet 2022 dans la zaouïa du même nom, cette manifestation soufie de haute facture comportera plusieurs volets d’animation spirituelle et folklorique.

Même si le programme connaîtra certains changements notables, il va sans dire que la waâda gardera son cachet d’antan, avec tout une panoplie d’activités folkloriques et religieuses. Comme de coutume, les premières festivités seront marquées par l’accueil des disciples et les férus de la tariqa, comportant un rituel soufi exceptionnel. En effet,il en est ainsi pour l’accueil des invités et convives, notamment les disciples en délégations, et les chouyoukh de grande influence dans les différentes régions du pays, notamment dans la région du Touat et dans le grand Sud à Reggane et ailleurs. Munis de drapeaux et d’étendards verts singularisant leurs zaouias respectives, les fidèles souvent appartenant à la même confrérie et d’autres de zaouïas connues, viennent solliciter les bonnes grâces du cheïkh de la tariqa. Une nouvelle allégeance qui est formulée à son égard, faisant foi de reconnaissance officielle.

La waâda de Sidi El Hasni, dont les adeptes sont affiliés à la tariqa Taïbya, est un grand moment dans la vie mystique de la capitale de l’Ouest. L’espace d’une waâda, le saint Sidi El Hasni est ressuscité par ses fidèles disciples, à travers des louanges et des psalmodies mélodieuses en’éloges à Dieu et à Son Prophète (Qsssl). Les saints sont, en vérité, les fidèles serviteurs qui ont atteint un seuil ou un degré d’élévation spirituelle et de négation de soi dans l’adoration de Dieu. Contrairement à ce que véhicule la pensée wahabite, qui va jusqu’à excommunier ces serviteurs de Dieu qui ont choisi la «Khelwa», l’isolement,voire une forme de l’ésotérisme, la pensée soufie prône un islam tolérant et purement spirituel. D’où cet acharnement sur ses disciples, par les hordes terroristes sauvages durant la décennie noire en Algérie. Malgré cela, et au plus fort du terrorisme, la waâda n’a jamais cessé jusqu’à ces deux dernières années. Cette année, les festivités prendront un autre cachet et un autre goût. Le programme se déroulera au sein de la zaouïa sise dans le quartier du même nom, abritant le mausolée du saint homme et l’ensemble des descendants algériens de la lignée des chorfa des Ouazzane. La waâda débutera avec la cérémonie de sacrifice traditionnel du taureau, comportant des préludes avec des louanges à Dieu et au prophète Mohammed (Qsssl).

Débutera alors le festin au profit des convives et des gens de passage et autres adeptes. L’un des moments les plus intenses de la waâda est sans doute, la Selka (la récitation des 60 hizb du Coran), qui débutera de la prière d’El Asr jusqu’à la prière du Sobh, l’aube du lendemain.

Là aussi, tout un rituel accompagne ce récital coranique impressionnant, au cours duquel les chouyoukh et les érudits récitent tout le Coran, à la faveur d’une nuit blanche, jusqu’aux premières lueurs de l’aube. «À ce moment-là, les voeux seront exaucés, car le Coran vient d’être récité par de nobles adeptes», s’accorde-t-on à dire. D’où cette présence d’une foule impressionnante aux premières heures de la matinée du lendemain, aux portes de la zaouïa.

La Hadra est également un moment fort de la waâda, où des troupes exécutent des fresques impressionnantes et des louanges soufies euphoriques. Cette année, la Hadra risque de prendre des formes plus discrètes. Le dernier jour sera marqué par l’organisation de la procession blanche, une sorte de pèlerinage en direction du mausolée du saint patron de la ville, en l’occurrence Sidi El Houari. Tout au long de la waâda, une ripaille au couscous traditionnel garnira le déroulement des festivités. 

lexpressiondz / Mohamed OUANEZAR

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